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Towt (Douarnenez) vogue vers son premier voilier-cargo

Il y a douze ans, quand a été lancée la société douarneniste Towt (TransOceanic Wind Transport), tout cela paraissait encore très hypothétique. Le projet mené par le Brestois Guillaume Le Grand de faire du transport de marchandises en bateaux à voile semblait relever du folklore des grandes fêtes de vieux gréements et des rêveries de voile et d’aventures.

Depuis, le projet a pris de la consistance, à mesure que l’on grimpait les barreaux sur l’échelle de l’urgence climatique. Depuis l’accord de Paris, tout est remis en cause. Au fil des ans on a pris conscience que le transport maritime est une vraie galère écologique, que les mastodontes des mers ou même les bateaux de croisières consomment autant qu’un million de voitures et qu’il est donc impératif de passer au plus vite à des modes de transport plus neutres en rejets de CO2. La législation internationale va être sérieusement durcie à partir de 2023.

Dans ce contexte, le transport maritime à voile est donc aujourd’hui un concept d’avenir, porté par les vents mauvais de l’urgence climatique, mais aussi par un souffle plus léger de nouvelles technologies promettant des cargos à voile obtenant des performances de vitesse comparables à celles de bateaux modernes, à un coût écologique quasi nul. Et parallèlement, nombre d’entreprises ont compris que le consommateur recherche désormais des produits portant clairement indication de la faiblesse de leur indice carbone. C’est devenu un argument commercial. Comment aurait-on pu imaginer qu’une société comme Orange puisse envisager de transporter des Livebox par bateaux à voile, d’Asie en Europe ? Le projet est pourtant dans les tuyaux de Towt.

3 millions d’euros sur une plate-forme

d’investissement durable

Dans un premier temps, la société douarneniste a lancé son activité en affrétant des vieux gréements que l’on a pu voir à l’occasion de fêtes maritimes, tels le thonier Biche, la gabarre Notre-Dame de Rumengol, le brick La Malouine ou même le trois-mâts danois Kaskelot. Depuis dix ans, c’est avec une dizaine de ces navires que Towt a fait ses premières armes.

Mais la société va changer d’ère. Elle envisage maintenant la construction de quatre voiliers-cargos de 80 mètres qui constitueront sa flotte de commerce, chacun étant capable de transporter 1.000 tonnes à chaque voyage, autrement dit l’équivalent de ce que la société (une dizaine de salariés actuellement) a transporté en dix ans avec des petites cargaisons de rhum, thé ou café, matière dont l’image est parfaitement associée au transport à la voile.

Chacun de ces navires devrait coûter environ 10 millions d’euros. Et le grand public semble d’ores et déjà adhérer à ce retour à la marine à voile. La preuve : sur une plate-forme d’investissement durable, Towt vient de lever 3 millions d’euros. Bien plus qu’elle n’escomptait.

Bretagne Bretons
1 Commentaire
  1. De Kermenguy

    Tant que le modèle économique est bon, tout est possible. Comme “grain de sail” qui préfigure bien de nouvelles habitudes de consommation, car cela va de paire.

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