Morlaix. Le buzuk au programme d’un projet d’usine pharmaceutique

Les pêcheurs bretons l’appellent buzuk. Les scientifiques disent plutôt arénicole. Et ce ver marin a acquis une notoriété inattendue depuis qu’un chercheur de Roscoff, Franck Zal, a démontré que cet animal possède l’étrange particularité d’avoir les mêmes propriétés que le sang humain. Quel que soit le groupe sanguin, ce qui le rend doublement prodigieux.

Après cette découverte, il a commencé par être utilisé pour le transport d’organes puisqu’il n’était plus besoin d’avoir du sang humain pour la conservation. Les applications se sont ensuite multipliées et les propriétés de l’arénicole ont même été évoquées, au début de l’épidémie de Covid, comme agent susceptible de fournir de l’oxygène à des patients sévèrement atteints. Au dernier moment, les autorités de santé n’ont pas accordé l’agrément à Franck Zal, dirigeant de la société Hemarina, faute d’une expérimentation à grande échelle.

Le buzuk, élevé par millions dans un site de grossissement de Noirmoutier en Vendée, n’en continue pas moins son bonhomme de chemin puisque cette fois, c’est un projet d’usine pharmaceutique qui vient de sortir à Morlaix, siège de l’entreprise Hemarina. Il s’agirait de produire un médicament transporteur d’oxygène, utilisant une molécule issue de l’hémoglobine du ver arénicole.

Le projet ne fait que sortir des cartons, mais il semble suffisamment avancé pour être mis sur la table. Et il combine plusieurs opportunités. D’abord ce ver marin dont la production en très grand nombre ne semble pas poser de problème environnemental. Ensuite la notoriété internationale acquise par Franck Zal et ses équipes, reconnus comme des spécialistes mondiaux de ces biotechniques.

Opportunité aussi à avec le plan de relance dont un des volets appelle au lancement de projets industriels, susceptibles d’être financièrement soutenus. Enfin le site de Morlaix qui a traversé de grosses zones de turbulences, notamment avec la fin de la compagnie Hop ! Et a donc besoin d’une revitalisation. Les cases sont cochées et de nombreux élus ont décidé de se mobiliser pour soutenir ce projet qui, à terme, pourrait peser plusieurs centaines d’emplois.

Bretagne Bretons
Laisser un commentaire

Votre adresse email sera publiée. Les champs obligatoire sont marqués par un *

viderValider