Photo Roman / Volvo Ocean Race

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Morbihan : Le coeur de la course au large

Absolute Dreamer. Les touche-à-tout

Absolute Dreamer est le nom de l’entreprise créée par Jean-Pierre Dick et Luc Talbourdet à Lorient. Absolute Dreamer est derrière la quatrième participation au Vendée Globe du navigateur, mais l’entreprise prépare aussi la sortie d’un catamaran sportif à foils. Interview avec Luc Talbourdet, directeur général d’Absolute Dreamer et président de la classe IMOCA.

capture-decran-2016-11-02-a-15-54-21Absolute Dreamer n’est pas seulement une écurie de course au large. Pouvez-vous nous présenter votre entreprise ?

C’est vrai qu’on est assez atypique dans le milieu car on s’est un peu diversifié. Absolute Dreamer a deux activités et suit 4 projets. Notre première activité est la course au large, avec Jean-Pierre Dick sur StMichel-Virbac pour le Vendée Globe, et Fabien Delahaye en Figaro. Notre deuxième activité, c’est la conception de prototypes. Nous avons lancé en septembre Easy to fly, un cata de 26 pieds équipé de foils qui monte à plus de 30 nœuds, et qui vole littéralement au-dessus de l’eau ! Un bateau idéal pour les entraînements ou pour les amateurs éclairés qui aiment faire de la vitesse. C’est le seul modèle de cette taille à disposer de foils : c’est l’avenir de la voile.

Pourquoi ce choix d’avoir deux activités ? Les autres teams sont consacrées à 100% à la course…

On a une formation d’entrepreneur avec Jean-Pierre Dick : on s’est rencontrés sur les bancs d’HEC. On aime les nouveaux projets, et notre originalité tient dans ces deux métiers combinés. On veut lancer des produits nouveaux. On a aussi lancé le JP54, un bateau de croisière rapide et haut de gamme. Pour Easy to Fly, on pense que le foil va percer dans les années à venir et que tous les bateaux seront équipés : on a repéré un besoin du marché. En plus, Easy to Fly a été construit à la Trinité, mais conçu à Lorient : un projet 100% morbihannais.

Avoir diversifié vos activités, cela vous permet aussi de ne pas dépendre trop de vos sponsors ?

Beaucoup d’écuries vivent d’un seul sponsor : Groupama, Banque Populaire… Nous, depuis 16 ans qu’on est installés ici, on a réussi à être multisponsor : c’est un tour de force. Jean-Pierre va faire son quatrième Vendée Globe avec un sponsor qui a changé : StMichel prend la place de Paprec. Or, le marché du sponsoring sportif est fragile, tous les skippers ont des trous d’air. Alors, oui c’est aussi pour cela qu’on a choisi de se diversifier. Seulement, même si le marché est difficile, il est en phase de croissance et reste attractif. La voile véhicule des valeurs fédératrices et les Français aiment les courses en solitaire comme le Vendée Globe.

Vous êtes installés à Lorient, alors que vous n’êtes pas d’ici, et que Jean-Pierre Dick est de Nice. Pourquoi Lorient ?

On est venus à Lorient en 2002, on fait partie des premiers avec Alain Gauthier à s’être installés ici. Il y a eu une vraie volonté d’accueillir les entreprises nautiques. Et puis Lorient présente des atouts : on peut entrer et sortir de la rade quelle que soit la marée. Avec des bateaux de 4,50 m de tirant d’eau, il n’est pas possible de retirer la quille…

On a vu la zone se transformer. On a loué plusieurs hangars avant de devenir propriétaire sur le Pôle Course au Large. Et il y a un vrai savoir-faire des fournisseurs locaux : quand on a démarré dans la course au large professionnelle, c’était un atout pour nous. La Sailing Valley du Sud Bretagne existe vraiment, et Lorient est au centre maintenant. D’ailleurs, l’élan de développement de la course au large est même régional.

Quel investissement pour monter un projet Vendée Globe ?

Le ticket d’entrée va de 500 k€ à 2,5 M€, sur plusieurs années… C’est une stratégie sur le long terme pour que l’investissement soit rentable. Par exemple, avec Virbac, on avait un sponsor b-to-b, c’est-à-dire inconnu du grand public. Mais avec la voile, Virbac a connu une notoriété exceptionnelle qui se valorise à 360 degrés : à l’interne, auprès des clients, dans les relations publiques… Et puis quelle fierté d’appartenir à une marque qui remporte des grandes courses au large, c’est très fédérateur. Les marins font des exploits sans se vanter, sous les yeux de goélands. Quand Jean-Pierre monte six fois en haut de son mât de plus de 25 m pendant que son bateau avance tout seul, c’est une sensation incroyable. On parle à l’imaginaire… Pas besoin de gagner pour rester dans les mémoires, on admire aussi le dernier qui réussit à finir un Vendée Globe.

En savoir + :
www.absolute-dreamer.com

Anne-Laure Jaouen

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