Photo Roman / Volvo Ocean Race

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Morbihan : Le coeur de la course au large

Les Formules 1 de la Course au large

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Cité de la voile Eric Tabarly

On l’appelle la « Sailing Valley » : la côte entre Vannes et Lorient concentre les meilleurs équipages et constructeurs de bateaux de la course au large. Et les écuries de ces grandes Formules 1 des mers, Groupama, Oman Sails, Banque Populaire et autre StMichel-Virbac, font travailler l’industrie, les commerces et les services liés au nautisme. « Ce sont de vrais opérateurs, des donneurs d’ordre pour la filière : fabrication de pièces composite, innovations technologiques, recherche et développement… Avec un réel impact sur la notoriété et l’image » confirme Jean-François Thomas.

Très impliquée sur le sujet, l’agglomération de Lorient a créé un pôle Course au Large dans l’ancienne base des sous-marins, rebaptisée Lorient La Base. On y trouve les plus grandes écuries, un espace muséographique lié à la voile, la Cité de la Voile – Eric Tabarly, un autre sur les sous-marins et des sorties en mer, des balades sur la rade, des activités nautiques en saison. « La collectivité a fait un choix politique en accueillant les teams. Le premier à venir fut Alain Gautier, car le port de la Trinité ne pouvait plus accueillir ses grands bateaux. Lorient a fait les aménagements nécessaires et a tiré profit de la profondeur de la rade à cet endroit pour développer un accueil spécifique des grands trimarans et autres ».

Aujourd’hui, quand on se promène sur les pontons de Lorient La Base, on peut voir les bateaux de Franck Cammas, Jean-Pierre Dick, Jérémie Beyou, Yann Eliès… D’ailleurs, une technopole baptisée Eurolarge innovation s’y est installée, et l’association Lorient Grand Large gère les événements et les services liés aux coureurs (voir plus loin). Entre Vannes et Larmor-Baden, on conçoit et construit les meilleurs bateaux du monde, comme aux chantiers Multiplast (voir ci-contre) : ceux qui ont battu les records de vitesse en solitaire et en équipage, ceux qui partiront le 6 novembre des Sables pour le Vendée Globe.

Enfin, la course au large est une formidable locomotive pour l’innovation : des bateaux volants comme ceux que construit Absolute Dreamer (voir ci-après), des pièces en composite, des équipements mieux sécurisés, autant de nouveautés qui finissent souvent par bénéficier à la plaisance ou aux sportifs amateurs. A Lorient, les laboratoires de recherche de l’université travaillent par exemple sur l’écoconception de bateaux en fibres naturelles et bio dégradables. « Car il faut aussi penser au vieillissement des 79.000 bateaux immatriculés dans le Morbihan, que va-t-on en faire ? » s’interroge Jean-François Thomas.

L’effet tourisme-nautisme

Aujourd’hui leader, comment le Morbihan a-t-il  conquis cette place sur le podium du nautisme ? « C’est à cause du tourisme » assure Jean-François Thomas. Dans les années 70, le Morbihan est déjà une destination à la mode avec ses stations balnéaires comme Carnac ou La Trinité. « Mais une nouvelle race de touristes veut découvrir le territoire depuis la mer. Le yachting se démocratise avec le développement de la plaisance. Et le département a fait ce pari d’un double développement : touristique et nautique ».

Ainsi, la collectivité investit dans les infrastructures portuaires : le port de pêche de la Trinité est transformé en accueil de plaisance, celui du Crouesty devient le plus grand port de la façade atlantique, d’autres subissent les mêmes mutations.  Un choix politique et stratégique qui s’appuie aussi sur les atouts naturels du territoire : plans d’eau et bassins de navigation exceptionnels, climat favorable, diversité des paysages, et beaucoup d’îles. Et comme le précise Jean-François Thomas, « la Baie de Quiberon, le Golfe du Morbihan, la rade de Lorient ne sont pas délocalisables ! »

C’est grâce à cet accueil optimisé dans les ports qu’une nouvelle économie se développe : celle de services et de l’accompagnement des plaisanciers. Entretien des bateaux, construction navale, de nombreuses PME naissent et se spécialisent dans l’électronique, la sellerie, le gréement, la fabrication de pièces. « Une filière économique du nautisme est née et s’est rapidement développée ». Elle compte aujourd’hui près de 500 entreprises.

Anne-Laure Jaouen

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