Elections. Même la Bretagne a traîné les pieds

À peine un électeur sur trois. L’élection régionale et départementale a fait un flop monumental. Au moment où ils ont enfin la sensation de revivre et de respirer, de sortir d’un véritable cauchemar, les Français n’ont pas voulu se lancer dans un effort supplémentaire pour s’accrocher à une élection complexe dans son organisation, pas très emballante pour ses enjeux et tombant dans un contexte pas vraiment porteur pour la politique. Un scrutin un peu stressant, avec même  la crainte de ne pas savoir comment s’y prendre dans le bureau de vote entre le scrutin régional sur des listes départementales et le scrutin départemental avec binôme cantonal.

Ils ont eu l’impression qu’on leur en demandait beaucoup à une période où ils avaient encore les neurones engourdis par ces mois de confinement. Et ont donc, sans complexe aucun, décidé très majoritairement de faire l’impasse. Même en Bretagne, région qui eut souvent le ruban bleu de la participation, les électeurs ont ostensiblement traîné les pieds, avec à peine 30 % de votants à Lorient et Brest. La Bretagne ne figure même pas sur le podium des régions avec 36 % de participation, devancée par la Nouvelle Aquitaine (37,1%), l’Occitanie (38,6%) et surtout la Corse qui réalise un score très flatteur (59,7%). Il est vrai que sur l’île de Beauté, la bataille entre différentes franges indépendantistes a créé un climat propice à une participation bien plus élevée qu’ailleurs.

Si les Bretons se sont très majoritairement abstenus, on le doit aussi au manque de ténors dans cette campagne. Pas de Le Drian, pas de Ferrand, pas de Le Fur, pas de Goulard, pas de ces noms qui peuvent inciter les électeurs à se déplacer, y compris pour voter pour leurs adversaires ! La campagne a donc été assez mollassonne et dans cette ambiance ternie par la crise sanitaire, c’est le président sortant Loïg Chesnais-Girard (Union à gauche) qui est arrivé en tête devant Isabelle Le Callennec (Les Républicains, 16,08%), Thierry Burlot (Union au centre, 15,55%), Claire Desmares-Poirrier (Gauche et écologistes, 14,69 %) et Gilles Pennelle (Rassemblement national 14,46%) qui n’a pas réussi la percée attendue. Il perd au contraire quatre points sur 2015.

René Perez
Laisser un commentaire

Votre adresse email sera publiée. Les champs obligatoire sont marqués par un *

viderValider