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Agriculteurs-riverains. Histoires de combat

Élodie Le Roux « Si j’avais su, j'aurais déclaré forfait avant même de me lancer »

Prise dans le tourbillon d’une procédure, Élodie Le Roux amasse elle aussi les dossiers, cumule les impayés, sans faire d’oseille. Chou blanc. Depuis plus de deux ans. Élodie Le Roux avait pourtant elle aussi obtenu son permis de construire en janvier 2017, dans le même temps que l’ouverture officielle de la ferme de Roscanvel.

A l’époque, la jeune entrepreneuse de 26 ans lance son activité de maraîchage bio diversifié à Roscanvel, sur la presqu’île de Crozon. Elle envisageait de construire un hangar agricole de 472 m2 sur la partie haute côté droit de sa parcelle. Un bâtiment indispensable au stockage de son matériel et à la transformation, qui ne sera jamais sorti de terre…

Un bâtiment indispensable

De l’autre côté du chemin, son voisin, qui vient lui-même de construire un chalet en bois de type HLL, lui barre la route. Un recours de sa part qui va suffire à faire vriller la jeune maraîchère. Malgré des tentatives de conciliation, le riverain ne démordra pas, jusqu’à ce qu’Élodie Le Roux et son beau-père battent en retraite et n’aient plus qu’à revoir leur copie.

capture-decran-2019-07-17-a-18-11-48“On a décidé de faire revenir Triskalia pour une nouvelle étude d’implantation : un bâtiment de surface plus réduite (quelque 320 m2) et moins haut, cette fois-ci en bas à gauche de la parcelle.” Un emplacement qui oblige la jeune femme à frayer une zone de circulation sur ses zones de culture, tandis que le précédent avait le bénéfice de se trouver en accès direct à la route.

Pour ce nouveau permis de construire, Élodie Le Roux a obtenu gain de cause, mais pour couper la chique au voisin, il a fallu le faire chanter un peu sur le possible retour de manivelle: “Je me suis retrouvée dans l’obligation de le menacer pour vices quant à sa propre propriété pour qu’il ne m’attaque plus sur ce deuxième projet.”

Vannée avant même d’avoir enterré ses semis, Élodie Le Roux, trop absorbée par son projet, ne voit plus d’autre issue que de se tenir à le faire germer, et y croire, coûte que coûte mais la peur au ventre… Si la maraîchère peut enfin commencer à vendre ses premières productions sur les marché et en GMS, c’est quand même formule réduite: une vingtaine de variétés de tomates, des pommes de terre primeur et des courgettes.

Après deux années de perdues, autant d’argent et d’énergie, elle tentera une bonne fois pour toutes de sortir la tête de l’eau sur une offre plus diversifiée de pommes, de cassis, rhubarbes, patates douces, concombres, poireaux, échalotes, etc.

Julien Perez Manon Motir
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