bb

Agriculteurs-riverains. Histoires de combat

Carantec pour tous, le collectif qui pointe du doigt les lacunes

Montés au créneau en mai 2018, 26 détracteurs ont formé le collectif Carantec pour tous. Autant de personnes situées sous les vents dominants des quartiers de Kerdanet et Ty Nod, pile poil entre l’exploitation des Le Bian et le littoral. « La rumeur courait, mais le projet n’avait pas fait l’objet d’une délibération en conseil municipal avant que celui-ci soit officialisé », retrace Pierre Chanteau en tant que porte-voix du collectif.

Le quota de 30 000 poules étant fixé comme limite réglementaire qui permet d’obtenir un permis de construire sans faire d’étude d’impact environnemental, le collectif a donné son coup de marteau: “30 000 poules, ce n’est pas rien!”

“Étant nombreux à être concernés, nous nous sommes d’abord regroupés pour une première étape qui a consisté à mener des recherches sur les avantages et nuisances potentielles d’un tel projet, situé en amont d’une rivière déjà dégradée par des effluents d’élevages. De 26 plaignants, nous sommes passés à 25 pour dénoncer le comportement du requérant à l’origine de lettres anonymes”. Sur ce fait, Pierre Chanteau désigne “une atteinte à la dignité de l’homme inconcevable et inadmissible”.

“S’agissant du projet d’exploitation, nous avons déposé deux recours. L’un contre le permis de construire (mairie) et un autre contre le permis d’exploitation (préfecture).” Un dossier actuellement entre les mains de la Justice, que Pierre Chanteau espère voir élucidé à la rentrée. Un dossier dit “défendable au regard des vices de forme et de fond que notre avocate a relevés”. “J’ai confiance. Nous tenons des arguments pertinents”, va-t-il jusqu’à garantir.

Parmi leurs griefs, la question de rejets des eaux usées, la sur-pollution prévisionnelle que pourrait causer un élevage de 30 000 poules, un risque de contamination accru via des espèces sauvages ou encore le fait d’être situé en pleine ceinture dorée et d’aller décaisser des terres particulièrement riches.

Remise à plat du président des Amis de Carantec

Bien que l’association des Amis de Carantec ait déposé un recours gracieux auprès de la mairie en juillet 2018, son président n’est pas pour autant opposé au projet. Pour s’en expliquer, Raymond Mayer dit avoir quant à lui souhaité que le projet d’implantation soit revisité en considération du paysage. “N’ayant pas reçu de réponse de Monsieur le maire, nous n’avons rien entrepris de plus”.

“Je n’y suis pas défavorable”, nous sommes-nous laissé dire il y a quelques jours. C’est donc un “ni oui ni non” pour celui qui préside les Amis de Carantec. “On n’a rien à dire dans la mesure où le projet de Mr Le Bian s’inscrit dans le respect de la réglementation”, rappelant au passage que “l’association des Amis de Carantec n’a pas de statut pour attaquer”, qu’“elle n’est en aucun cas autorisée à le faire”, et qu'”elle a des objectifs nets et précis dont l’intérêt reste de protéger l’environnement.”

Pas défavorable en effet… Pour Raymond Mayer (et lui seul, ndlr “je m’exprime à titre personnel”), “26 personnes qui s’élèvent contre un projet, ça fait beaucoup, d’autant plus quand cela concerne un jeune entrepreneur. C’est sûrement le manque de communication entre les parties qui les a conduit au procès qui se tient aujourd’hui et c’est dommage, étant données les bonnes intentions que constitue un élevage de poules plein air: rien ne vaut un élevage sous le soleil.”

Julien Perez Manon Motir
Laisser un commentaire

Votre adresse email sera publiée. Les champs obligatoire sont marqués par un *

viderValider