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Il y a 100 ans, le Breton Victor Ségalen disparaissait

200 000 euros sont nécessaires à la célébration du centenaire de la mort du Breton Victor Segalen. Une création artistique inédite tirée du texte Le Combat pour le Sol qui ne pourra se concrétiser qu’à travers le mécénat.

Ce n’est que sous condition de financement possible que le centenaire de la mort de Victor Segalen pourra être fêté à travers une représentation inédite du texte Le Combat pour le Sol. Pour la mise en oeuvre de la création théâtrale du metteur en scène Julien Ribot, ce sont près de 200 000 euros dont a besoin la troupe. Un financement qui ne sera réalisable qu’à travers des contributions privées.

« Le montant nécessaire avoisine les 200 000 euros pour payer les six comédiens, dessiner et fabriquer les éléments de décoration et concevoir les costumes de la pièce en travail, et enfin acheter un peu de matériel technique », selon le dessin de Julien Ribot. Si la fondation, la famille et l’association Victor-Segalen ont mis la main au porte-feuille pour monter les premières maquettes à la Cité internationale des arts et faire une première résidence au 104, la troupe se tourne désormais vers des porteurs de projet épris et unis dans cette volonté de rappeler le souvenir d’un homme marquant.

Une tournée nationale à l’horizon 2020

Un appel à générosités qui pointe alors que darde le centenaire de la mort de Victor Segalen, médecin, romancier et poète, ethnographe, sinologue et archéologue né à Brest en 1878 et mort à Huelgoat, le 21 mai 1919.

« Écrivain français, figure bretonne, Victor Segalen a laissé une empreinte marquée de nombreuses réflexions et introspections qui se doivent d’être mises en lumière et représentées dans le mouvement, parallèlement à la pléiade que sortira bientôt l’éditeur Gallimard », maintient Julien Ribot, tandis que la troupe recherche actuellement un lieu de résidence de cinq semaines pour la rentrée 2019, pour une tournée des planches dès 2020.

Le Combat pour le Sol est un spectacle d’envergure et inédit, promis aux scènes nationales, que Julien Ribot prépare depuis déjà deux ans. Séduit par la proposition du petit-fils de Victor Segalen, le metteur en scène a déjà un prestigieux CV: la Villa Médicis, le musée d’art moderne et contemporain de Nice, ou encore deux prestations successives pour la Nuit blanche de Paris.

Sur scène, « il y aura l’ombre incarnée du poète voyageur, la voix et la silhouette d’un grand nom Michael Lonsdale, mais aussi et encore Lou de Laâge et Thierry Thieû Niang », énumère Julien Ribot pour en exposer une grandeur digne de l’artiste du siècle dernier. Projet hybride mêlant le texte de la pièce et des éléments biographiques de Victor Segalen, ce sont autant de voix que de vidéoprojections, de bruits de la forêt d’Huelgoat que de musiques qui composent l’adaptation.

Le modernisme de Victor Segalen dans une pièce contemporaine

Malgré une vie de courte durée, Victor Segalen a laissé derrière lui des souvenirs impérissables, bluffants de modernité et d’anticipation. Un siècle avant l’heure d’Instagram en effet, le roman René Leys est celui d’un homme dont la vie est régie par le regard de l’autre et ce que celui-ci lui procure de plaisir.

Mais en venant questionner chacun sur les prédispositions amoureuses, la contemporanéité du Combat pour le Sol est autrement vraie. Comment deux êtres de cultures différentes se rencontrent? Comment l’enfermement dans des schémas culturels les rend-il incapables de faire exploser leur amour? Autant d’interrogations alors posées en Chine mais somme toute universelles et éternelles, qui ont d’on-ne-peut plus actuelles la relation à la nature et l’environnement.

Selon ce qu’en décrit Julien Ribot, le texte du Combat pour le Sol « dissèque les liens orchestriques – voire dansants – qui relient les êtres humains à la puissance de la Terre. C’est un pamphlet écologique […] qui dépeindra la victoire de l’imprévisible, auscultera et traçera les trajectoires de deux astres amoureux se déplaçant du vouvoiement vers le tutoiement, du conforme vers le non-conforme: métamorphose alchimique déclenchée par ce que Segalen aimait nommer « l’incompréhensibilité éternelle » ».

C’est un decorum abstrait et épuré dans des lignes claires et géométriques et pensé « sans trop de chinoiseries » qui sera proposé, sur des musiques que Julien Ribot a montées selon le plus grand soin de relier l’orient à l’occident jusqu’à la Bretagne, en ébruitant le passé et le présent. Auteur-compositeur inconditionnel de la pop music, Julien Ribot joue sur la corde de l’instrumentation chinoise en vibrant sur sa propre grammaire psychédélique et offre un regard jeune et vivifiant du passé.

Si le metteur en scène s’est déjà beaucoup accompli, il est une nouvelle fois assuré du succès d’un Victor-Segalen dépoussiéré et revisité dans une expression protéiforme. Un projet fort de sens qui présage son succès, si tant est que les contributions s’y prêtent.

Contact: 06 63 47 42 02 ou caspardix@gmail.com.

Manon Motir
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