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Whisky. Les Bretons ont ouvert la voie

C’est le très sérieux journal britannique « Times » qui l’affirme : les Français sont les plus gros consommateurs de whisky au monde. Avec 2,15 litres par habitant et par an, nous devançons tout le monde, y compris les Britanniques dont le niveau de consommation ne représente guère plus de la moitié (1,25 g) et qui sont même devancés par les Emirats arabes unis. Si on ajoute qu’en 2014, c’est une fabrique japonaise qui a reçu le titre officieux de meilleur whisky du monde, on mesure à quel point ce produit phare déroge à certaines idées reçues.

Avec une progression impressionnante (+ 5% par an) notamment dans les pays émergents, le whisky a trouvé en France une terre de prédilection. D’abord parce que nous sommes gros consommateurs de spiritueux : de l’armagnac à la boisson d’hommes des Tontons flingueurs, nous avons pris des habitudes dans lesquelles le whisky s’est engouffré comme une petite fine derrière la cravate. Le terrain était propice.

Il le fut d’autant plus que plusieurs sociétés françaises sont propriétaires de distilleries de whisky et ont donc déployé toute une stratégie pour leur large diffusion. A votre avis, à qui appartiennent des marques comme Chivas Regal, Ballantine’s ou Glenlivet ? Au groupe Ricard. Et Label 5 ou Glen Turner ? Au groupe français La Martiniquaise. Et les prestigieux Cardhu ou Glen Moray ? A LVMH. Comme les Chinois ou les Américains dans le Bordelais, les Français ont donc pris pied de longue date dans cette Ecosse prolifique et si attirante qui fournit 90% du whisky consommé en France.

Cuvée Lannion 1983

Mais il en est du whisky comme du vin. Ce n’est pas parce qu’ils sont fortement identifiés à certains pays qu’ils ne peuvent pas être produits dans des contrées plus exotiques. La France s’y est mise, elle aussi, et en raison de la proximité géographique et culturelle, la Bretagne a été la première région française à ouvrir la voie. C’est ici qu’ont été fabriqués les premiers whiskies français avec la distillerie Warenghem de Lannion (Côtes-d’Armor) en figure de proue, en 1983. Ses initiales lui permettaient de signer les bouteilles WB, à belle consonance écossaise, même si cette première cuvée était encore bien loin d’une fleur du malt. La suite fut d’un meilleur tonneau. Puis vinrent Glan ar Mor à Pleubian (22) et la distillerie des Menhirs à Plomelin (29) avec Eddu, seul whisky au blé noir in the world. Ou encore Kaerilis à Belle-Ile qui fait maturer sur l’île du whisky distillé en Ecosse.

Dans la foulée des Bretons, toutes les régions françaises ou presque s’y sont mises à leur tour. Aujourd’hui, de l’Auvergne au Pas-de-Calais et des Alpes à la Champagne, des distilleries se sont ouvertes avec leurs techniques, leurs alambics et leurs cuves. Au total, elles produisent actuellement près de 700.000 bouteilles par an et le million de flacons devrait rapidement être atteint avec un niveau de qualité qui progresse d’année en année. Une région échappe toutefois à ce mouvement : le Sud-Ouest bien sûr. Quand on produit de l’armagnac ou du cognac très recherchés, pourquoi se lancer dans le whisky ?

Avec tout ça, Bonne Mère, le whisky a aujourd’hui dépassé le pastis en France. Mais quel que soit votre choix, n’oubliez pas que tout cela doit être consommé avec beaucoup de modération.

 

Julien Perez
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