west web valley

West Web Valley. A fond pour le digital breton

En Bretagne, on connaît le noroît et le suroît, mais depuis quelque temps, un vent nouveau souffle sur les contrées armoricaines : le numérique. On vous parlait récemment des aventures de Charles Kergaravat, héraut américano-armoricain qui a emmené trois startups bretonnes à New York. Il n’est pas le seul à faire avancer la cause digitale dans la région. A Brest, la West Web Valley voit moins loin, pour l’instant, mais plus gros. L’accélérateur de startups a levé 30 millions d’euros pour nourrir un fonds d’investissement destiné en priorité à l’accompagnement des startups bretonnes. West Web Valley ? Laissez nous vous éclairer.

La West Web Valley est née en octobre 2012 de l’association de trois entrepreneurs de la région brestoise : Sébastien Le Corfec (web entrepreneur à l’origine, notamment, du site Copains d’avant), Ronan Le Moal (Directeur Général du Crédit Mutuel Arkea) et Charles Cabillic (dirigeant d’aC3, société spécialisée dans le domaine du logiciel immobilier). Persuadé que la Bretagne a tous les atouts pour ne pas subir la révolution digitale mondiale, mais au contraire l’intégrer, le trio s’élance.

Sébastien Le Corfec : « la West Web Valley, c’est un accélérateur pour les entreprises, majoritairement situées dans le digital. Nous accompagnons les jeunes sociétés et mettons à leur disposition un réseau de coachs, des personnes qui ont déjà créé des entreprises et qui apportent une valeur ajoutée ».

Un fonds de 30 millions d’euros

A cet univers naissant ne manquait plus que l’étincelle capable de provoquer le big bang, ou tout du moins d’aider les startups à viser étoiles et marchés. C’est chose faite avec le fonds d’investissement West Web Valley 1 qui est désormais accolé à l’accélérateur. Le fonds pèse actuellement 30 millions d’euros. Dans un an, il se situera entre 35 et 40 millions. C’est un des plus grands fonds régionaux de France. Arkea, BPI France, Ouest France, le Groupe Télégramme ainsi que 50 chefs d’entreprise bretons, personnellement ou via leurs entreprises, en sont les contributeurs. Alexandre Gallou, jeune tête bien faite qui a récemment rejoint l’aventure West Web Valley précise : « L’idée, c’est d’accompagner entre cinq et sept startups par an ». Les règles d’attribution des fonds sont précises. « 70 % du fond doit être investi en Bretagne historique, 10 % dans le Grand Ouest et 20 % hors zone, notamment à Paris. Nous voulons accompagner des entreprises à vocation mondiale ».

La précision mérite en effet d’être apportée. Car si vous pensiez candidater au fonds WWV 1 avec votre projet de réseau social consacré au macramé, cela risque d’être compliqué.

L’enjeu, c’est la scalabilité

Lorsqu’un dossier lui est soumis, la West Web Valley va rechercher deux choses : d’abord une équipe organisée et motivée. Cela semble couler de source, mais puisque la structure va travailler main dans la main avec les porteurs de projets, et apporter entre 500 000 et 3,5 millions d’euros, autant s’appuyer sur des gens fiables. Ensuite, l’équipe de la West Web Valley va s’intéresser à la scalabilité du projet. Ce qui n’a rien à voir avec l’aptitude à s’occuper d’un restaurant italien. La scalabilité, c’est la capacité d’un produit à s’adapter à un changement d’ordre de grandeur de la demande. « Prenons l’exemple de Blablacar » explique Alexandre Gallou. Pour la société, 1 000 covoiturages ou 1 000 000, c’est la même chose. Le même coût pour la structure ».

La chasse à la Licorne

L’exemple n’est pas anodin. Sébastien et ses camarades rêvent de dénicher la grosse structure, la licorne comme l’appellent les Américains, qui pourra devenir l’étendard de la tech bretonne. Cette pointure se trouve peut-être déjà dans les projets qui ont tapé dans l’œil de la West Web Valley comme Allovoisins, carton actuel de l’économie collaborative accélérée depuis deux ans par la structure ou le bar connecté du Quimpérois Jean-François Istin, qui pourrait devenir le premier investissement du fonds. Le fonds peut également accompagner des projets d’entreprises traditionnelles soucieuses de prendre le virage incontournable du numérique comme ce pavillonneur breton et son projet de maisons connectées. Ou dans l’agro-alimentaire, avec une plateforme de e-commerce destinée à la vente de produits bretons vers l’étranger… La future licorne bretonne germe peut-être en ce moment même dans un esprit fécond breton !

Les règles des fonds, tels que le WWV1 sont très encadrées. Au bout de 7 ans, il doit se retirer du projet, ou alors basculer sur un deuxième fonds. « Nous n’avons pas vocation à prendre la place des dirigeants » précise Sébastien Le Corfec. « Mais nous ne sommes pas une simple perfusion non plus. Nous sommes avant tout motivés par la réussite de l’entreprise »

 

 

West Web Festival.
Quand le numérique s’invite aux Vieilles Charrues

west-web-festival-2016-affiche (1)Charles Cabillic, Sébastien Le Corfec et Ronan Le Moal ont décidé de lancer en 2014 un rendez-vous original pour faire rayonner la Bretagne avec le numérique. Et quoi de mieux pour rayonner que de s’associer aux Vieilles Charrues, l’un des plus grand événement breton de l’année. Conférences et ateliers thématiques sont au programme de l’édition 2016 qui se tiendra les 14 et 15 juillet et à laquelle participeront, entre autres, Pierre Kosciusko Morizet ou encore Frédéric Mazella, le fondateur de Blablacar. Le thème de cette édition, c’est « Digitize or die » (« se digitaliser ou mourir »). Cela sonne presque comme un titre des pixels, pardon, des Pixies.

 

Plus d’info : http://www.west-web-festival.fr/

Julien Perez
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