Les villes bretonnes plutôt bien gérées

A quelques encablures des municipales, voilà un classement de la gestion des villes françaises qui ne passe pas inaperçu. Il n’a pas été établi par un magazine mais réalisé par l’IFRAP (institut français pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques), dirigé par la journaliste Agnès Verdié-Molinier, ce qui lui donne une certaine crédibilité.

Et que dit ce classement pour la Bretagne ? Que globalement, la gestion des villes bretonnes est satisfaisante dans les trois palmarès établis, selon leurs strates de population. Quimper est 2 dans la catégorie des petites villes, Brest 7e dans celle des grandes villes, Rennes 6e et Nantes 8e dans celle des très grandes villes. Une certaine homogénéité se dégage.

A quoi tiennent ces résultats ? L’Ifrap donne des chiffres bruts par ville, sans analyse globale. On peut cependant y relever que les charges de fonctionnement sont moins élevées en Bretagne qu’en moyenne nationale et notamment les charges de personnel. Cela laisse supposer que le clientélisme est un peu moins pesant en Bretagne que dans d’autres régions où les embauches de personnel à tour de bras ont mis certaines villes au bord de la ruine, dans le sillage des lois de décentralisation. La dérive des finances des communes est l’une des grandes causes de l’endettement du pays.

A ce propos, Rennes se distingue par l’importance de sa dette alors qu’elle est plutôt bien classée dans les autres indicateurs de gestion. La raison ? Il ne faut pas oublier qu’elle fut la plus petite ville du monde à se doter d’un métro et que la deuxième ligne est en cours d’achèvement, ce qui constitue une réelle performance pour une ville de cette taille. Mais aussi un énorme investissement et une dette du même acabit.

Si le clientélisme n’a pas fait trop de dégâts, il semble également que les maires de Bretagne n’aient pas la folie des grandeurs. Ce n’est pas dans la mentalité bretonne et les élus n’ont pas trop dérogé à cette règle bien établie. La Bretagne n’a pas eu à déplorer de grands scandales dans ce domaine.

Enfin, on peut penser que le réseau très dense d’associations bretonnes a, lui aussi, un effet bénéfique sur les finances des villes. Elles prennent en charge beaucoup de difficultés locales, évitant ainsi un surcroît de dépenses sociales dans le budget des agglomérations.

René Perez
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