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La vie rêvée des abeilles noires d’Ouessant

Pauvres abeilles ! Nos sentinelles de l’environnement, si indispensables à la pollinisation de nombre de nos cultures, vivent des heures difficiles. Et les apiculteurs, selon la formule consacrée, ont eux aussi le bourdon. Car non seulement, depuis des années, ils luttent contre tous les produits phytosanitaires, et notamment le Gaucho, responsables selon eux de la forte mortalité dans leurs colonies, mais voilà que d’autres plaies leur sont soudainement tombées dessus. Comme ce diabolique frelon asiatique qui prolifère à une vitesse infernale, en décapitant des millions d’abeilles au retour de leur cueillette de pollen.

Et cette année, pour ne rien arranger, c’est la météo du printemps qui a noyé nombre de plantes et cultures, privant les butineuses d’une grande part de leurs besoins. Résultat : la récolte de miel est catastrophique. Des pertes d’au moins 30 %, des importations en hausse et des prix qui le sont eux aussi.

Dix fois moins de mortalité

Flacon Abeille Noire Guerlain

Dans la morosité ambiante, il reste tout de même le beau rayon de soleil qui illumine Ouessant, l’île des abeilles heureuses. Ici, elles sont dans un petit paradis depuis que dans les années 80, le varroa, une saloperie d’acarien, s’était mis à dévaster toutes les colonies de l’Hexagone. Face à l’occupant, des apiculteurs finistériens ont rassemblé des essaims d’Abeilles noires des Monts-d’Arrée pour les mettre à l’abri sur l’île, avec le soutien du parfumeur Guerlain. Un peu comme De Gaulle partant à Londres organiser la résistance avec l’aide de Churchill.

Ils ont créé l’association pour le Conservatoire de l’Abeille noire d’Ouessant et pendant que sur le continent, c’est l’abeille jaune qui se répandait, ils ont tenu à l’écart de toute hybridation (mélange avec une autre variété) cette butineuse noire qui a trouvé sur l’île une végétation naturelle et sans pesticides, si propice à la bonne santé des ruches.

Sur ce territoire préservé, il n’y a ni virose ni parasite, les pertes annuelles ne dépassent pas 3% quand elles sont dix fois plus élevées sur le continent. Et si les conditions météo sont parfois éprouvantes, l’abeille noire est comme le mouton noir d’Ouessant : petite mais robuste. Avec leurs petits bras musclées, elles sont capables de revenir chargées de pollen (Charlie Tango demande autorisation d’atterrissage…) en affrontant les vents de l’île, ne charriant ni pesticide ni frelon venu de l’Empire du Milieu. Et les reines vivent deux fois plus longtemps.

Ouessant est même devenu doublement exportateur. Des essaims et des reines, en petite quantité il est vrai, sont expédiées sur le continent et le parfumeur Guerlain met plus que jamais l’abeille noire d’Ouessant en valeur sur ses produits de beauté. Leur miel et leur gelée royale sont d’une pureté sans égal, avec un pouvoir réparateur qui trouve de multiples déclinaisons dans des produits pour l’épiderme.

Ce petit paradis a pourtant été un peu secoué par un affrontement, au printemps, quand un habitant de la petite île voisine de Molène s’est mis en tête de monter des ruches avec des abeilles jaunes du continent. Les Ouessantins ont vu rouge. Et n’ont pas manqué de le faire savoir.

Bretagne Bretons
1 Commentaire
  1. jo le ru

    la verité est dure a publier sur le déclin de l’abeille noire d’ouessant

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