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La viande, has-been en 2030 ?

Quel sera notre rapport avec les animaux en 2030 ? C’est la question à laquelle a tenté de répondre le ministère de l’Agriculture : en ressort un rapport prospectif publié fin 2016 par trois chercheurs, qui ont imaginé 5 scénarios qui pourraient s’appliquer dans 13 ans…

Scénario 1 : La relance économique prend le pas sur la question du bien-être animal

Imaginons, comme l’ont fait les chercheurs, que la France, en pleine convalescence suite aux crises économiques, affiche un taux de chômage chez les jeunes de près de 50% en 2030. La relance du pays prendrait donc le pas sur les débats, qui seraient moins crispés sur la question du bien-être animal. Nouvelles technologies aidant, éleveurs industriels font tout de même preuve d’une évolution qui tend vers le mieux dans leurs pratiques envers les animaux… Mais les protéines végétales seraient tout de même en vogue, pas par conviction, mais parce que c’est moins cher.

Scénario 2 : Prise de conscience et mise en pratique au fil des débats

2030 : de plus en plus sensibilisés, les Français consentent à manger moins de viande pour une alimentation plus respectueuse de l’environnement. Quitte à la payer plus cher pour une meilleure qualité de proximité, ce qui diminue l’élevage industriel. Des années de débats sur la question n’ont pas mis à mal l’abattage, du moins tant que cette notion de bien-être est respectée avant et au moment de la mise à mort.

Scénario 3 : La croissance de l’industrialisation mène au débat

L’industrialisation de l’agriculture a gagné du terrain grâce à nos technologies qui nous permettent de produire plus pour manger, entre autres, plus de viande… La question environnementale a été réglée en partie par la science. Pour le bien-être animal, nos compagnons domestiques ont davantage de droits et de protection. Mais de l’autre côté de l’enclos, dans les élevages, la problématique du bien-être animal a été un peu estompée par la rude concurrence. Ce qui engendre des pour et des contre au sein de la population dès les années 2020 pendant que des groupes pro-animaux et libertaires montent en flèche… Pour aboutir à la création, en 2027, d’un club anti-spéciste au sein de l’Assemblée nationale, qui ouvre le débat sur l’abolition de la mort utilitaire.

Scénario 4 : Le carnivore devient un vieux dinosaure

En 2030, l’élevage a presque complètement disparu au profit de produits de substitution, pour des problèmes « d’éthique, de durabilité, de santé globale ». Les chercheurs imaginent qu’en 2030, un quart de la population mondiale – et 55% des moins de 30 ans – favorise une alimentation sans recours aux productions animales. Du coup, le carnivore devient peu à peu une figure de résistance, voire une espèce en voie d’extinction. Heureusement pour eux, il reste encore quelques élevages, qui vendent uniquement de la viande de qualité, forcément plus chère. Bref, le statut juridique de l’animal évolue, qu’il soit domestique, sauvage ou d’élevage.

Scénario 5 : La viande, so has been

Dans ce cinquième et dernier scénario, la viande c’est so has been, mais alors, tellement démodé ! Si l’élevage intensif existe toujours, les filières de proximité qui misent sur l’image et la qualité se développent en parallèle, jusqu’à même sortir la question alimentaire du domaine politique… La protéine végétale, les insectes, la viande in vitro et peut-être même les graines ont le vent en poupe, même si la viande trouve sa place dans les produits locaux typiques.

Fanny Degorce
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