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Vallée des Saints. Le 100e traversera la Manche

Le pari sera tenu. Quand en 2008 a été lancé le défi de la Vallée des Saints bretons, ses initiateurs réunis autour de Philippe Abjean s’étaient fixé un objectif aussi fou que ce projet : installer la centième statue en 2018, année du dixième anniversaire de cette ile de Pâques bretonne, érigée à Carnoët, dans le Centre-Bretagne.

Désormais, il n’y a plus de doute. A l’allure à laquelle sont installés ces géants de pierre portant tous un nom de saint breton, le cap des 100 sera bien atteint l’an prochain et on sait déjà qui sera le centième élu : ce sera saint Péran, nom d’une commune d’Ille-et-Vilaine mais aussi et surtout le patronyme d’un saint d’Outre-Manche et encore aujourd’hui le saint patron de la Cornouailles britannique. Avec un « s » comme dans Yes Sir ! Mais là-bas, il s’appelle Piran, avec un « i » comme dans No Sir.

Les grandes migrations des iles britanniques

La plupart des saints déjà installés à Carnoët sont originaires d’Outre-Manche, débarqués en Bretagne aux Ve et VIe siècles lors des grandes migrations parties d’Irlande, du Pays de Galles, d’Ecosse ou de la Cornouailles britannique. Et pour saint Peran-Piran, les dirigeants inspirés de la Vallée des Saints ont eu une idée de génie : ce saint sera sculpté en Cornouailles anglaise, sa terre d’origine, dans un bloc de granit de 3,20 mètre, d’une qualité égale au fameux granit breton.

Deux sculpteurs, le Cornouaillais David Paton et le Breton Stéphane Rouget viennent de se mettre à la tâche pour réaliser ce saint en granit, avec une roue représentée autour du cou. Non, il ne fait pas de la pub pour Dunlop mais la légende dit que ce saint fut agressé par deux mécréants qui ne trouvèrent rien de mieux que de lui mettre une meule autour du cou (non, pas une mobylette mais une meule à farine ! ). Et que font ces deux abrutis ? Ils jettent ce bon Piran du haut d’une falaise (spécialité de Cornouailles) dans les flots déchaînés. Le pauvre fait un sacré vol plané mais voilà qu’après ce plongeon, la meule se transforme pratiquement en bouée de sauvetage, laissant la vie sauve au saint homme.

Tout cela valait bien une sanctification par voix populaire et maintenant une statue géante qui sera la première à traverser la Manche pour rejoindre le sanctuaire de Carnoët où 99 autres saints l’auront précédé. Ce sera fait en juillet 2018 avec traversée à bord d’un vieux gréement jusqu’à Pontrieux (22) puis train à vapeur d’époque, sur la ligne historique du Trieux et arrivée tractée par des chevaux jusqu’à la désormais fameuse colline de Carnoët. Autant dire qu’il y aura du monde sur le parcours menant à ce site qui dépasse désormais les 200.000 visiteurs par an. Un résultat faramineux après moins de dix ans d’existence.

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