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Un accord mondial inédit contre la pêche illégale

Dans le maëlstrom d’une actualité surchargée, cette information est passée à peu près inaperçue. Et pourtant, c’est un accord historique important qui est entré en vigueur ce week-end dans plus d’une trentaine de pays à façade maritime ainsi que dans la communauté européenne. Pour la première fois, un traité international contraignant vise à lutter efficacement contre la pêche illégale dans les océans, un fléau qui menace d’extinction nombre d’espèces marines.

Un chiffre suffit à prendre conscience de l’enjeu  : un poisson sur quatre vendu dans le monde est péché illégalement ! Qu’il s’agisse de navigation sans autorisation, d’espèces protégées, de non respect des quotas ou encore l’utilisation d’équipements interdits, la pêche illégale a proliféré ces dernières décennies. Et il aura fallu des années d’incitation et de négociation pour que l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture parvienne à la mise en œuvre du premier traité mondial consacré à cette lutte.

Mais tous les pays ne l’appliqueront pas. Parmi les signataires figurent la Communauté européenne, la Norvège et l’Islande (Europe), les Etats Unis, Cuba, le Chili et l’Uruguay (Amérique), l’Afrique du Sud, le Gabon, la Guinée (Afrique), l’Australie et la Nouvelle-Zélande (Océanie) ou encore la Corée du Sud (Asie). En revanche, deux acteurs majeurs de la pêche n’ont pas ratifié cet accord : le Japon et la Chine. Mais l’ONU compte bien attirer d’autres pays et convaincre ces deux mastodontes qu’ils ne peuvent rester à l’écart des efforts de gestion des océans au risque d’écorner encore un peu plus une image déjà altérée. Une chose est sûre : compte tenu de l’état de leurs relations, l’un n’adhérera pas si l’autre ne le fait pas. Ce sera les deux ou rien.

Ravitaillement interdit si…

En pratique, voilà comment ce traité entre en application : chaque navire de pêche étranger souhaitant entrer dans le port d’un des pays signataires devra demander l’autorisation et donner des informations précises sur son identité, son activité et le poisson dont il dispose afin que les autorités locales puissent vérifier la légalité des prises. D’autre part, des débarquements de poissons ne seront envisageables que dans des ports désignés et retenus pour l’efficacité de leurs systèmes de contrôle. Et chaque port pourra refuser le ravitaillement en carburants ou en vivres si le navire est reconnu coupable de pêche illégale.

Parallèlement, et là encore c’est une grande première, l’ONU met en œuvre un fichier international qui recensera tous les bateaux contrevenants et sera mis à la disposition de tous les ports des pays concernés. L’organisation internationale se félicite d’avoir pu mettre en œuvre cet accord historique, la meilleure voie, selon elle, pour une lutte efficace contre la pêche illégale.

Pierre Vincent
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