Pauline Douguet

Pauline Douguet

Ty vrac. L’épicerie zéro déchet emballe tout le monde !

C’est sur le créneau zéro déchet et une philosophie de même apparat que l’épicerie Ty Vrac s’est frayé une belle place dans la consommation des ménages et la lutte environnementale. Depuis son ouverture, la démarche « zéro déchet » se répercute et se multiplie en Bretagne. Rencontre avec Pauline Douguet, première épicière vrac de la région.

Elle parle de « cohérence ». Ça respire plus exactement l’harmonie. Tramé sur fond d’ambition professionnelle et foncièrement empreint de conscience écologique, le projet de Pauline Douguet « est né de l’envie de créer ma petite entreprise, et de tabler sur ce qui me tient à cœur », explique-t-elle comme le simple et bref incipit d’une épicerie d’un genre nouveau.

C’est à Trégunc, commune finistérienne de 7000 habitants, que Pauline Douguet a ouvert Ty Vrac, en mai 2017. L’idée étant, comme son nom l’indique, de ne fonctionner que sur le principe des saladiers, bocaux, et sacs en coton. « La clientèle vient aussi bien dans cette démarche « zéro déchet » que dans une volonté de proximité, ou, évidemment, en vertu des produits locaux et majoritairement bio », dresse Pauline Douguet comme les piliers de sa réussite.

Le vrac, un pari gagné de centre-ville

Alors que partout, le commerce de centre-ville s’étouffe devant l’essor des zones périurbaines, cette boutique 100% vrac voit défiler une trentaine de personnes par jour. Pauline Douguet a ainsi réalisé un chiffre d’affaires annuel de 282000€ TTC en 2018. Elle est comblée. Mais au-delà d’une belle santé financière, ce sont le geste citoyen et la conscientisation qui la rassurent et gagnent son sourire.

« J’estime à un tiers la part de clients trégunois. Un autre tiers habite dans un rayon de 15 kilomètres et le dernier, de plus loin encore. Là, il s’agit de personnes qui travaillent dans le secteur et font un crochet par Ty Vrac, ou de personnes de passage. Quand on voit ça, c’est bingo! Ça signifie qu’il y a une réelle attente. »

Pauline Douguet est devenue un modèle de réussite et la représentante du créneau sur lequel on peut miser dans un contexte de proximité. On copie-colle le modèle Ty Vrac partout en Bretagne. « Les épiceries vrac poussent comme des champignons: Ouessant, Pont-Labbé, Morlaix, Loudéac, Hennebont, Clohars-Carnoët, Vannes, Rennes et autant d’autres projets. »

Du haut de 1000 références, tout est là, sauf le lait

A côté d’une large gamme de cosmétiques bio, l’étagère de produits domestiques attirera les curieux et les nostalgiques. Un rayon recettes de grand-mère à faire et toutes faites, qui laisse aussi envisager des manipulations plus saines. Première cliente, Pauline saura en vanter les mérites.

Parmi les produits culinaires, on trouve les productions Flocon pour des biscuits apéritifs, la brasserie Da Ber Lec’h, pour une bière consignée, ou encore les tartinades, purées et soupes de Babelicot, l’entreprise brestoise qui a eu la géniale idée de ne transformer que les invendus des maraîchers. Ici, le jus d’orange est, comme le vin, en cubi. Seul chaînon manquant (exceptées les chips): le lait. « J’adorerais trouver un producteur qui embouteille son lait et avec lequel fonctionner sur le principe de la consigne. » L’inventaire , début janvier, a fait état de 1000 références. Un cabinet de curiosités où il flotte malgré tout une ambiance Feng-Shui.

C’est à se demander si les déchets pèsent sur notre moral autant que dans nos poubelles, puisque les statistiques révèlent que les emballages représentent 50% du volume d’ordures ménagères produites chaque année par les Français. Et si par mégarde, on s’en contrebalance, Pauline Douguet a plus d’un argument dans son sac. Dans une considération purement financière qui fait poids, l’épicière assure: « Le prix des emballages représente entre 10% et 40% de nos achats. » Et les produits les plus représentatifs de ces abus seraient les épices. « A dose équivalente, beaucoup s’étonnent de n’en avoir que pour 0,50€ », illustre l’épicière. Elle pousse la cause jusque chez elle : dans sa famille, 4 personnes sous le même toit, on ne sort la poubelle jaune que toutes les 3 semaines.

 

Ty Vrac, 25, route de Pont-Aven, 29910 Trégunc.

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Le fléau environnemental

D’après le site de statistiques mondiales écologiques, « la production de plastique devrait augmenter de 28,7 milliards de tonnes d’ici 2050 avec 13,2 milliards de tonnes qui vont finir soit dans l’environnement, soit dans les océans. Selon la fondation Ellen MacArthur, si rien n’est fait dans les trois prochaines décennies, les océans contiendront plus de plastique que de poissons. »

La France est le troisième plus grand consommateur de plastique d’Europe. En effet, les Français consomment 9,6% des plastiques vendus en Europe. Un volume qui n’est dépassé que par l’Allemagne (24,9%) et l’Italie (14,3%).

Manon Motir
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