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Les trois passions de Marie-Laure Collet, à la tête d’Abaka

« J’ai trois passions : l’emploi, l’innovation, le territoire », aime à répéter Marie-Laure Collet, à la tête d’Abaka. Cette entreprise de ressources humaines externalisées basée à Rennes et disposant d’agences à Nantes, Paris et Vannes couvre trois pôles d’expertise auprès de ses clients, entreprises ou bénéficiaires : le recrutement, l’évolution et le conseil. Marie-Laure, elle, a commencé sa carrière professionnelle dans la Capitale, avant de revenir aux sources. Cinq questions à une Bretonne engagée, aujourd’hui à la tête du plus grand cabinet de Ressources Humaines indépendant de l’Ouest.

Marie-Laure Collet, pouvez-vous nous raconter votre parcours et l’histoire d’Abaka ?

Lorsque j’ai créé Abaka, en 2002, je n’avais pas encore aspiration à devenir chef d’entreprise : fille de fonctionnaires, j’étais une consultante chasseuse de tête venue de Paris, revenue en Bretagne pour y ouvrir une agence régionale, fermée par la suite. Alors que j’étais en recherche d’emploi, j’ai été sollicitée par d’anciens clients et je suis donc, un peu par la force des choses, allée m’inscrire sur les registres de l’Urssaf pour exercer en profession libérale. J’ai démarré mon activité sans lever de fonds. Je maîtrisais le métier du recrutement mais je n’avais aucune connaissance de la vie du chef d’entreprise.

Comment avez-vous endossé le costume de chef d’entreprise ?

J’ai coutume à dire : j’ai commencé à courir, puis j’ai couru de plus en plus vite et la machine s’emballait. Lorsque je suis passée en SARL, avec mes trois premiers salariés, il fallait encore continuer à recruter : j’avais plutôt tendance à courir derrière le train. On m’a alors conseillé d’intégrer un club APM pour me former sur les compétences du chef d’entreprise. Cela fait plus de 10 ans que j’y suis et ces cycles de formation m’apportent toujours autant. C’est comme cela que j’ai pu remonter dans le train jusqu’à désormais en conduire la locomotive et décider pleinement de la route à suivre. Aujourd’hui, en 2017, Abaka compte 25 collaborateurs et continue de croître. Malgré des années difficiles en 2009 et 2010, je suis fière d’en être restée la seule propriétaire.

Est-il plus difficile d’entreprendre en étant femme ?

Cela ne m’a jamais empêchée d’avancer. J’ai toujours voulu être maîtresse de ma vie. En fait, à partir du moment où on a décidé d’entreprendre, le combat est le même, que l’on soit homme ou femme. Je pense cependant que les femmes sont pragmatiques et ont pleinement conscience qu’elles peuvent se planter mais sont convaincues qu’elles pourront rebondir. Je pense aussi que la notion de réussite collective est très importante pour les femmes et qu’elles sont très exigeantes envers les autres mais avant tout envers elles-mêmes. Que l’on soit homme ou femme, la Bretagne est une réelle terre d’entrepreneurs depuis des décennies et c’est certainement pour cela que le terreau y est plus fertile.

Et en Bretagne ?

C’est une grande chance d’entreprendre en Bretagne et pour rien au monde je ne reviendrai installer le siège de mon cabinet à Paris : j’aime ce territoire pour la richesse de ses paysages, le dynamisme et le particularisme de ses micro territoires qu’il faut préserver et enrichir, ainsi que pour sa diversité sectorielle importante. Je constate que les patrons bretons se plaignent peu et sont durs au mal. C’est certainement pour cela qu’ils s’adaptent vite aux mutations et aux évolutions de notre économie. C’est certainement aussi pour cela qu’ils sont solidaires et que, comme le prouve Produit en Bretagne, ils savent se regrouper lorsqu’il s’agit de faire face à des enjeux primordiaux pour l’économie et le développement de leur région.

Votre point de vue sur les patrons bretons ?

Le Breton, qu’il soit d’ailleurs salarié ou chef d’entreprise, travaille avec force et détermination pour préserver son emploi et son objet économique sur son territoire. J’ai un profond respect et une admiration non dissimulée pour les chefs d’entreprises bretons, qui ont beaucoup d’intelligence et travaillent avec courage et passion, pour être toujours dans le courant de l’innovation. Toutefois, comme ils le disent souvent, ils sont de « bon faisous et de mauvais disous ». Aussi, ils sous-estiment le pouvoir d’attractivité de leurs entreprises, ce qui leur fait défaut pour attirer des talents qui sont parfois à deux pas de chez eux.

Fanny Degorce
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