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La Trinitaine ne compte pas pour du beurre

Propriété de la famille Petit depuis 1955, La Trinitaine est LA marque référence de la cigarette pur beurre. Normal, c’est l’entreprise morbihannaise qui l’a créée. Le biscuit tubulaire sucré et beurré à souhait est l’emblème indémodable de la société. Si aujourd’hui, l’objet de tentation est sans conteste l’assortiment de galettes, palets et cigarettes, La Trinitaine a décliné son savoir-faire sur 200 références produits.

Tout nouvellement nommé président de la Trinitaine, Yann Petit succède à sa sœur pour reprendre la tête de l’entreprise familiale. Alors que le rachat de la célèbre biscuiterie par Pâtisseries gourmandes était quasi acté fin 2018, la famille Petit a finalement opté pour un recentrage. Yann Petit garde la maison et poursuit une aventure biscuitière trop intrinsèque à la famille pour qu’il en soit autrement.

« Nos grands-parents et nos parents ont tellement œuvré pour cette histoire que nous ne pouvions nous en détourner. Si je devais définir leur accomplissement en un mot, j’évoquerais le courage. C’est le fil conducteur de la famille, avec tout ce qu’il comprend de travail, de rigueur, d’abnégation et de capacités de rebondissement. » D’où le ricochet hivernal porté par la volonté de fortifier l’avenir, dans le sillage d’une « belle histoire entrepreneuriale ».

Le filon sur trois générations

La Trinitaine, créée de toutes pièces par Lucien Petit en 1955, devra sa renommée à son premier biscuit: l’emblématique cigarette qui fait le croquant de nos glaces et goûters. En 1965, l’artisan fabrique 600 kilos de biscuits par jour à la Trinité-sur-Mer. Fils de Lucien et Lucienne, Bernard Petit implantera l’usine à Saint-Philibert et dotera la marque de quelques magasins en nom propre. Les petits-enfants du fondateur, Anne-Marie, Gaëlle et Yann Petit reprendront quant à eux la direction du site en 2010.

30 millions de pièces

Passée de 23 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2003 à 40 millions en 2018, La Trinitaine vise entre 41 et 42 millions cette année.Avec 200 références produits, elle sort aujourd’hui 11 500 tonnes de produits annuels, soit 30 millions de pièces réparties entre galettes, palets, sablés, crêpes dentelles, cigarettes, tuiles, madeleines, kouign-amann, cakes, quatre-quarts… Un nombre impressionnant de déclinaison sur la base de 2000 tonnes d’œufs, 2500 tonnes de sucre, 3500 tonnes de farine et 300 tonnes de beurre.

S’il y a bien 20 % d’export et un développement prévu, c’est en son pays que La Trinitaine est prophète. Ils nous font fondre, et quoique pas des plus diététiques, on ne modère pas vraiment notre consommation de ces biscuits et pâtes jaunes passe-partout.

Développement des magasins

Désormais seul aux commandes, Yann Petit voit à long-terme. La restructuration passera prochainement par la nomination de deux directeurs généraux, de façon à bien scinder les parties opérationnelles et commerciales. Un plan d’investissement de 14 à 15 millions d’euros est prévu sur les dix prochaines années. Il vise notamment à améliorer les conditions de travail: transpalettes électriques à venir, agrandissement de l’usine de 37 000 m2 à 39 000 m2 pour un nouveau centre de pétrissage tout automatisé offrant plus de flexibilité et de réactivité pour les produits pâtes jaunes.

Le développement du réseau boutique est également prioritaire : l’objectif est d’ouvrir deux magasins en nom propre par an (il y en a actuellement 35), plus un magasin par an en affiliés (12 à ce jour). Enfin, de nouvelles gammes de produits vont également voir le jour : des enrobés chocolats ainsi que des recettes permettant d’évoluer avec les nouvelles tendances de consommation. Et d’avoir un coup d’avance!

Manon Motir
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