Travailleurs, travailleuses, à Paimpol les cocos recrutent !

Georges Marchais aurait aimé. Chaque année de fin juillet à fin septembre, dans le pays de Paimpol, il y en a que pour les cocos ! Dans le coin de Nord-Bretagne, qui va de Saint-Quay-Portrieux au sud à Ploumilliau au nord, sur un bon millier d’hectares répartis sur une soixantaine de communes, le coco est une « grosse légume ».

Ce coco, c’est un haricot blanc, rapporté d’Amérique par un marin paimpolais dans les années 1920 qui s’est tout de suite adaptée au climat breton et a été cultivé dans presque tout les potagers familiaux de la côte du Goëlo. Restriction oblige, c’est pendant la deuxième guerre mondiale qu’on a découvert ses valeurs nutritives. Et sa culture s’est développée à plus grande échelle. Mais son titre de gloire, le fameux coco, l’a décroché en 1998, lorsqu’il a été labellisé AOC.

Pour mériter ce label, le coco a ses exigences. Il doit être cueilli exclusivement à la main, gousse par gousse. C’est la seule façon d’obtenir son grain demi-sec d’une qualité inégalable.Quant on sait qu’en moins de trois mois il faut ramasser entre 6 et 8.000 tonnes de ce drôle de coco, on comprend les besoins en main d’oeuvre.

2.000 plumeurs recherchés

Aussi depuis des années, Pôle emploi en collaboration avec les producteurs et l’AEF ( association de formation en agriculture ) lancent régulièrement des appels aux volontaires. Cette année 2.000 personnes étaient recherchées. Aucune qualification n’est requise pour présenter sa candidature seule condition, avoir plus de 16 ans. Et c’est ainsi que l’on devient « plumeur »,  nom qui a été donné à ces ramasseurs, car ils arrachent la gousse du pied du haricot, comme on plume une poule.

Dans ce personnel saisonnier, outre quelques demandeurs d’emploi, on trouve essentiellement des étudiants, des femmes au foyer et beaucoup de retraités, car le ramassage ( pas aussi facile qu’on ne  croit ) assure avant tout un revenu d’appoint. Car si du côté des producteurs, on n’est pas strict sur les horaires en laissant  à chacun la possibilité de travailler à son rythme, il faut quand même savoir que le salaire est basé sur le rendement. 44 centimes du kilo cette année, un prix unique fixé par la profession pour éviter la concurrence. Alors, mieux vaut ne pas être trop lent… si on veut pas être un plumeur plumé !

Patrick le Nen
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