Bretagne. Travailleurs détachés encore en augmentation

Dans les revendications des gilets jaunes, la concurrence des travailleurs détachés ne figure pas parmi les priorités. Il y a quelques années pourtant, c’était une thématique forte dans tous les débats autour du chômage. Il est vrai que depuis, la tarification des ces travailleurs détachés a évolué et ils ne sont plus payés avec des lance-pierres, aux tarifs les plus bas de leur pays d’origine.

Les rémunérations (et donc les charges) sont aujourd’hui plus correctes car plus alignées sur le niveau du pays hôte, ce qui n’a pas pour autant freiné le mouvement en provenance essentiellement de Roumanie, Slovaquie, Bulgarie… Selon la direction du Travail, 10.000 entreprises avaient fait des déclarations d’emplois en France en 2010. Elles étaient 13.000 en 2018.

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Bien que région périphérique très éloignée des frontières, la Bretagne a vu également croître le nombre de travailleurs étrangers. C’est la tendance observée par la direction régionale de l’Inspection du travail qui a procédé à 700 contrôles en Bretagne en 2018. Avec deux constat : le niveau de rémunération est correct par rapport à ce qui se pratiquait il y a quelques années mais certains employés, déclarés à 35 heures, en effectuent deux fois plus en une semaine. Outre de fortes amendes, les sanctions sont montées jusqu’à des peines de prison pour les employeurs.

Deux fois plus d’heures pour les travailleurs détachés

L’éloignement de la Bretagne ne constitue par un frein pour ces entreprises, car le travail ne manque pas dans la région. C’est le cas notamment dans les Travaux publics où la fédération régionale vient d’annoncer qu’elle propose, au total, 2.000 postes en Bretagne dont la moitié en CDD en raison des fluctuations de ce secteur d’activité. Ce sont ces postes temporaires non pourvus qui attirent particulièrement ces entreprises et les donneurs d’ordre ne s’en plaignent pas en raison de la pénurie de main d’oeuvre observée dans la région. Les Bretagne et les Pays de Loire, rappelons le, sont les deux territoires français où le taux de chômage est le plus faible du pays (7,6 % contre 8,9 % au plan national). Ceci explique en partie cela.

En se déplaçant dans le Finistère, en fin de semaine dernière, le Premier ministre Edouard Philippe n’a cependant pas manqué de redire que le pays ne peut continuer à faire face à un tel grand écart entre le nombre élevé de personnes au chômage et l’importante pénurie de main d’oeuvre que connaissent certains secteurs d’activité. D’où son interrogation sur d’éventuelles contreparties de la part du salarié percevant des allocations chômage…

René Perez
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