Travail dominical. Les réticences bretonnes

Le travail du dimanche continue à susciter la controverse. Les grands magasins parisiens optent les uns après les autres pour l’ouverture dominicale, après parfois de fortes oppositions d’une partie de leur personnel. Et cette fois, c’est Carrefour qui relance le débat. Le groupe d’hypermarchés voudrait que la grande distribution puisse obtenir l’ouverture dominicale intégrale et pas seulement jusqu’à 13 heures pour l’alimentaire, comme le stipule la loi Macron.

Mais la grande distribution, de toute évidence, ne fera pas front commun sur ce sujet. Michel-Edouard Leclerc, dont la voix porte toujours, vient de faire une réponse sans ambiguïté. « Globalement, on a décidé de dire non. Nous ne suivrons pas Carrefour, la loi actuelle nous va. Les employés ont droit à leur jour de repos en famille ».

Cette prise de position du patron breton des groupes Leclerc rejoint les opinions souvent émises en Bretagne où le jour de repos dominical ne relève pas seulement de considérations sociales. Il est également lié à la pratique religieuse, traditionnellement plus ancrée en Bretagne qu’ailleurs. Edouard Leclerc, fondateur du groupe, ne fut-il pas lui même séminariste ?

Mais sur les controverses autour de ce jour de repos, la voix bretonne la plus intransigeante fut celle de Marc Le Fur, député costarmoricain et vice-président de l’Assemblée nationale. Son bras de fer avec Nicolas Sarkozy, en 2009, explique en partie la raison pour laquelle l’ex-Président eut des relations aussi glaciales avec les Bretons. Pas un seul ne fit partie de ses gouvernements. Quand en 2009, Sarkozy se mit en tête de généraliser le travail du dimanche, Marc Le Fur prit la tête des députés frondeurs qui allaient finalement obliger le Président a modifier son projet de loi. « L’opiniâtreté est une qualité bretonne et je ne suis redevable que devant les électeurs », lança même Le Fur en forme de défi. « Chaque salarié, disait-il, a droit a son dimanche en famille, au foot, en randonnée et pour ceux qui le souhaitent, à l’église ».

Mais jusqu’où iront ces réticences face au nouveau phénomène dévastateur ? Le géant Amazon a déjà commencé a écraser le commerce hexagonal, en mode rouleur compresseur. Et lui ne s’embarrasse d’aucune considération. On travaille et on livre sept jours sur sept.

René Perez
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