Traité transatlantique. Le paradoxe Trump

Les Bretons s’inquiètent des négociations sur le TAFTA, le traité transatlantique en cours de négociation entre les Etats-Unis et l’Europe. Les implications que pourrait avoir cet accord, notamment sur les productions agricoles, suscitent des craintes légitimes et la tonalité générale est à ce jour très défavorable. D’autant qu’à des épouvantails comme les OGM ou les gaz de schiste, s’ajoutent les prétentions de grandes entreprises américaines de s’affranchir des Etats en imposant leurs propres règles du commerce international. La plainte déposée par Philip Morris contre l’Australie pour contrer sa lutte antitabac en dit long sur l’arrogance de certaines multinationales.

Dans ce contexte, Donald Trump a pris tout le monde à revers en étalant son aversion pour les traités de commerce international et son goût pour une forme avancée de protectionnisme. Certes, c’est surtout la Chine qu’il vise ainsi mais sa position a jeté un froid du côté des négociateurs du traité américano-européen. Cela vaut-il le coup de continuer si le nouveau N° 1 américain devient aussi frileux que Hollande sur l’opportunité d’un tel accord global ?

On pensait pourtant que Trump allait au contraire peser pour faire avancer ce traité supposé donner un petit coup de fouet au commerce entre les deux continents. Mais l’ultra-libéralisme a ses limites et voilà Trump dans le rôle du petit boutiquier, jouant sur les droits de douane et je protectionnisme pour mettre l’économie américaine à l’abri d’une mondialisation brouillonne. Sacré paradoxe quand on sait à quel point les Républicains ont pesé depuis des décennies pour faire sauter toutes les entraves au commerce international. Et par une extravagance électorale peu commune, ce sont les victimes du libéralisme débridé qui semblent avoir voté le plus massivement pour l’ultra-libéral Trump.

Les réticences du nouveau Président américain pour les traités commerciaux ne devraient pas susciter trop d’amertume de ce côté-ci de l’Atlantique. Car il faut bien se rendre à l’évidence : cette campagne électorale américaine assez désastreuse a parfois donné une image déplorable des Etats-Unis, leurs mœurs, leur classe politique et leurs puissances de l’argent. Elles n’ont vraiment pas donné envie d’un jumelage économique inscrit dans le marbre.

René Perez
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