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Train. Paris-Rennes aussi vite que Brest-Quimper

Une Bretagne à deux vitesses ! L’expression consacrée pour caractériser le fossé qui se creuse entre l’est et l’ouest bretons trouve une déclinaison on ne peut plus appropriée dans le ferroviaire. Pendant que le TGV s’apprête à foncer entre Paris et Rennes, la liaison entre Brest et Quimper prend des allures de tortillard. Car plus le temps passe, plus les trains ralentissent.

Comment est-ce possible, direz-vous, alors que les techniques font rouler les locomotives de plus en plus vite ? C’est simple. La voie ferrée entre Brest et Quimper est si détériorée qu’on demande aux conducteurs de trains d’appuyer de plus en plus souvent sur la pédale de frein et de se limiter parfois à 60 km/heure là où il pourrait rouler à 100 ou 120 kms/heure. Forcément, ça allonge la durée du trajet.

Détour par Landerneau

Dans un an, en 2017, l’achèvement des travaux ferroviaires entre Le Mans et Rennes va permettre au TGV d’atteindre les mêmes vitesses qu’actuellement entre Paris et Le Mans. Avec des pointes à 300 kms/heure, le train ne mettra plus que 1 h 30 pour relier la gare Montparnasse à celle de Rennes. Autrement dit, la capitale bretonne sera alors plus proche de Paris que certaines villes de la grande couronne parisienne qui nécessitent parfois deux heures de transport.

On imagine tout ce que cela peut changer, surtout dans une ville qui a déjà tendance à regarder vers l’est, en ignorant bien souvent son arrière-pays pour lequel elle est tout de même investie de quelques responsabilités. Les bienfaits de la décentralisation ne doivent pas bénéficier qu’à la métropole, surtout quand elle est aussi excentrée.

A l’autre bout de la Bretagne, la problématique est tout autre sur cette ligne portant tout à la fois le handicap de l’éloignement et d’une géographie contrariante. Elle oblige à un détour par Landerneau pour traverser l’Elorn, ce qui ne contribue pas à raccourcir la distance. Et en prime, le manque d’entretien n’a fait qu’accélérer la détérioration de cette ligne avec, en corollaire, une désaffection progressive des usagers. Environ 150.000 par an, en baisse sensible ces dernières années, en raison de ces ralentissements imposés aux convois qui mettent généralement 1 h 20 ou plus (contre 1 heure, il y a quelques années) soit presque le même temps que le futur Paris-Rennes. Sauf que dans ce cas, c’est 365 kms alors que Brest-Quimper fait 100 kms par voie ferrée et 70 seulement par la route.

70 millions de travaux

Après de longues études et certains atermoiements, notamment de la part la SNCF qui traîne un peu les pieds sur ce genre de lignes, des travaux de modernisation devraient démarrer l’an prochain pour remettre à niveau des ballasts, des rails et des traverses. Cela nécessitera un an de fermeture complète de la ligne pour des travaux qui prévoient aussi un point de croisement au niveau de Dirinon. Car jusqu’à présent, deux trains ne pouvaient se croiser sur cette ligne, évitant aux petits écoliers des deux villes de devoir calculer des problèmes complexes de trains qui se croisent.

En 2018, si tout va bien, on passera de 6 allers-retours/jour à 9 avec liaison en une heure entre les deux villes finistériennes. Quant à la facture, financée essentiellement par la Région et le Département, elle atteindra au minimum 70 millions d’euros. Pour la bonne cause, disent ceux qui estiment que le train est le moyen de transport le plus écologique. Et pour longtemps puisque l’amortissement des travaux se fera sur un siècle…

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1 Commentaire
  1. Durand Paul

    Pour info : liaisons Rennes > Nantes et Rennes > Caen aussi nulle que Quimper > Brest. Faut arrêter se pessimisme ambiant quand Brest et Quimper se rapprochent de Paris de plus de 50 minutes !

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