Le tourisme breton se fait du mouron

Les plages bretonnes ne rouvriront pas le 11 mai. Et les nombreux secteurs qui vivent du tourisme en Bretagne se font de plus en plus de mouron. Le mois de mai lance véritablement la saison avec ses ponts et ses premières arrivées massives mais cette année, le plus beau mois de l’année va passer à l’as.

Le Premier ministre Edouard Philippe l’a clairement signifié mardi en précisant que les cafés, restaurants et hôtels ne connaîtront le sort qui leur est réservé qu’à la fin mai, au vu des statistiques cumulées jour par jour au cours des trois premières semaines d’un déconfinement très relatif. Si les chiffres ne sont pas bons, il y a fort à craindre que les autorisations de réouverture ne pourront intervenir au 2 juin, comme il l’a laissé entendre, hypothèse qui serait envisageable en cas de réelle embellie sur le front de l’épidémie.

En interdisant les plages jusqu’à la fin mai et les déplacements interrégionaux, il a également condamné un peu plus ce mois de mai à n’être qu’un mois de transition et d’évaluation qui donnera ou non des clefs pour la suite de la saison. Il a ajouté que tout le dispositif doit encore être affiné et précisé dans les jours à venir et on remarquera, à ce propos, qu’il n’a pas évoqué les campings, nombreux en Bretagne. En avant saison, ce sont surtout des Bretons qui les occupent, ce qui pourrait favoriser une ouverture prochaine. Mais le ton du Premier ministre, mardi, n’était pas du tout à l’ouverture d’exceptions dans une architecture aussi bougrement compliquée.

Le tourisme en Bretagne pèse plus de 40.000 emplois à temps complet et les bonnes années, la barre peut monter jusqu’à 70.000 avec l’afflux des saisonniers. C’est dire si la région, comme pratiquement toute la France, premier pays touristique de la planète, se penche avec anxiété sur un calendrier déjà bien entamé et sur les statistiques de l’épidémie, bien orientés mais à décroissance très lente.

A l’inverse, la Bretagne pourrait bénéficier d’une très belle fin de saison si le virus devient un peu mou des genoux. Les immenses plages, l’espace sur le littoral comme en Bretagne intérieure, des foules moins denses qu’en Méditerranée ou Pays basque… autant d’atouts pour que septembre et octobre prennent des allures de juillet pour des touristes français trop longtemps confinés. Et relevant pour beaucoup de ces catégories seniors qui auront une double raison de vouloir éviter la foule.

Au grand déplaisir, bien sûr, d’une partie de la population bretonne. A l’inverse des professionnels qui attendent fébrilement les premières arrivées, d’autres Bretons, au contraire, ont manifesté à leur façon leur rejet des arrivants en plein confinement. Des positions diamétralement opposées, manifestes à chaque belle saison, mais qui font cette année le grand écart entre l’attente fébrile des uns et le refus sans concession des autres.

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