Tourisme breton. L’arme fatale de Boris Johnson

Les Gîtes de France l’affirment : le début de saison s’annonce tout à fait exceptionnel en nombre de demandes. À ce stade, elles sont même supérieures à celles de 2019. Les départements bretons figurant parmi ceux qui comptent le plus de logements de ce type devraient donc enregistrer une bonne avant-saison. Le feu vert vient d’être donné avec la levée du périmètre des 10 kms qui autorise donc les déplacements touristiques, même s’il faudra attendre encore une quinzaine de jours pour voir refleurir les terrasses des cafés et des restaurants.

Et les touristes étrangers ? La France, première destination touristique mondiale, a tout intérêt à faciliter son ouverture et Emmanuel Macron, en personne, a fait savoir qu’un Pass sanitaire ou un test négatif suffiraient. Forcément, il faut réduire les contraintes au strict minimum pour relancer la mécanique.

Outre-Manche, c’est exactement l’inverse et on va suivre de près la position que va adopter Boris Johnson. Lui, contrairement à Emmanuel Macron, est à la tête d’un pays gros exportateur de touristes. Pas autant que l’Allemagne, mais ce sont les Anglais qui ont inventé le tourisme au XIXe siècle et il y a chez eux une solide tradition du voyage. Mais voilà, avec les freins mis l’été dernier aux déplacements internationaux, les Britanniques sont restés chez eux. Et avec le renfort d’une météo d’exception, les professionnels du tourisme britannique, notamment dans la côte sud de l’Angleterre, ont enregistré des recettes records.

Donc, a priori, on ne voit pas Boris Johnson ouvrir les vannes à des flots de touristes partant en masse vers l’étranger dès ce début mai. Il va faire ce qu’il faut pour les retenir au maximum, même si la vaccination est largement en avance chez lui. Et il est probable que dans l’atmosphère de tension post-Brexit entre le Royaume-Uni et ses voisins européens, le Premier ministre britannique va jouer la partition qu’il préfère : agacer ses voisins, en premier lieu la France. Et il a en main une arme redoutable : imposer une quarantaine à ses ressortissants revenant d’un pays où la situation sanitaire n’est pas bonne, en fonction des critères épidémiologiques qu’il fixera lui-même, y compris sur le niveau d’avancement de la vaccination. Infliger une quarantaine au retour, c’est comme imposer une interdiction de billet aller.

Boris Johnson devrait donner prochainement sa réponse. La France aura-t-elle un feu vert ? La décision sera importante pour le tourisme breton puisque les Anglais sont ses premiers clients. Mais comme l’an dernier, la clientèle française, moins partante pour l’étranger, devrait compenser un éventuel manque à gagner. En revanche pour la Brittany Ferries, l’entreprise emblématique de la Bretagne, la réponse va peser très lourd. Elle a programmé une reprise de ses activités voyageurs à la mi-mai, donc dans une quinzaine de jours. Mais la décision ne lui appartient pas. Elle est entre les mains de Boris Johnson.

René Perez
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