Tourisme. La Bretagne a souffert du Brexit

Ce qu’on pressentait est confirmé par les chiffres officiels que vient de révéler l’Insee pour l’ensemble de l’année 2016 : l’impact du Brexit a été fort en Bretagne, du moins pour les professionnels des campings, hôtels et autres habitats collectifs de tourisme. La clientèle britannique est cette année en baisse marquée mais elle n’est pas la seule.

Le constat est manifeste surtout dans les campings, le mode d’hébergement le plus sensible aux pertes de pouvoir d’achat ou aux événements terroristes qui ont touché la France cet été à Nice, après ceux de novembre 2015. Dans les campings la perte de clientèle britannique se monte à 11,7 % sur l’ensemble de l’année mais l’impact des événements a également affecté les clientèles allemande (-4,9%), hollandaise (-6,3%) et belge (-4,5%).

Les conséquences du Brexit et de la perte de pouvoir d’achat liée à la chute de la livre n’ont pas eu un impact uniforme et certains secteurs (Saint-Malo – Dinard notamment) ont été bien plus touchés que d’autres, comme le sud-Finistère où la clientèle allemande s’est renforcée ces dernières années.

Les hôtels, moins sensibles aux pertes de pouvoir d’achat, ont bien mieux résisté que les campings (-0,4%). L’Insee note même une hausse en Bretagne intérieure (+ 2,6%) et à Brest Métropole (+3,1%) en raison bien sûr de Brest 2016.

-4,9 % sur l’année

Au total, 16,5 millions de nuitées ont été enregistrées cette année, ce qui représente une baisse de 4,9 %, plus forte qu’attendu. Il est vrai que l’année 2015 avait été particulièrement bonne. Le recul est plus marqué en Bretagne que dans le reste de la France (- 2,5%), en raison de la proximité avec les îles britanniques qui fournissent le premier contingent de touristes sur les routes d’Armorique.

La Bretagne retrouve son niveau de 2014 mais un élément en plein développement échappe à cette photographique statistique : le phénomène Airbnb et toutes les locations directes. La très forte croissance de ce mode d’hébergement, auquel s’ajoutent les réseaux familiaux pour la clientèle française, relativise le chiffre brut de – 4,9 %. La réalité est probablement moins tranchée.

Pierre Vincent
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