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NDMAC Systems. La tireuse connectée du phare Ouest

Les meilleures histoires commencent souvent dans un garage, en témoigne la légende de l’insondable Steve Jobs et de Steven Wozniac, les deux compères qui mirent au point le premier ordinateur personnel au monde. La Bretagne a trouvé son Steve Jobic : Jean-François Istin.  Il a inventé une machine révolutionnaire, une tireuse connectée, qui attend son heure dans les ateliers de NDMAC Systems (New Draft Machine Systems). En français, ça veut dire « nouvelle façon de boire un coup à la pression ».

Oh bien sûr, on vous voit venir : « c’est une tireuse à bière, quoi ».  Malheureux ! Bien plus qu’un simple distributeur de houblon, ce petit bijou technologique, écologique et chic propose aux consommateurs d’être au cœur de l’action. La preuve : le client reçoit, en échange d’une certaine somme d’argent, un badge d’identification crédité du montant reçu par le barman. Le consommateur se sert donc quand il le souhaite. Pratique.

Le concept arrive Quimper, avec l’inauguration de la Maison Jaune, premier bar connecté du nom, dans le quartier de Locmaria. Bientôt, cap sera mis sur Brest ! Tout ça grâce à Jean-François Istin.

La tireuse connectée dans le garage

« Qui n’a jamais rêvé de passer derrière le comptoir ? », sourit le papa de la NDMAC Systems en nous ouvrant les portes de sa start-up. NDMAC Systems est installée dans le garage qui jouxte Sofidial, son entreprise de sérigraphie et de broderie. Un bon grand garage qui a vu naître les dix premières machines assez classes, aux finitions léchées, qui attendent de servir des boissons à ceux qui s’y accouderont bientôt. « On dit boisson conviviales, parce que nos fûts peuvent contenir énormément de boissons différentes : jus de fruits, eau, sodas, bières, vins, whiskies… Il n’y a pas de limites ». C’est bibine qui est content ! On s’installe avec Jean-François à côté d’une machine. Entretien.

 

ndmac-systems-bar-connecteVacances scolaires en brasserie Normande, puis micro informatique et Brasserie Britt… Comment vous êtes-vous lancé dans l’aventure NDMAC Systems ?

Après 15 ans de travail dans le milieu de la micro informatique est venu le temps de l’entrepreneuriat, avec l’idée de revenir au Pays, à Quimper. Et là, en buvant une bière au café de la cale de Sainte-Marine avec Hervé Corbel, mon ami d’enfance, on a eu vent des difficultés de la Brasserie Britt. On a décidé de la racheter ensemble. En 12 ans, on en a fait la Brasserie de Bretagne, une aventure formidable qu’on a terminé ensemble, en passant la main à une nouvelle équipe fin 2012. On se retrouvait sans rien à faire, avec l’envie d’entreprendre : on a racheté aux enchères Sofidial, entreprise de sérigraphie et broderie, et l’avons installée à Pluguffan.

Parallèlement à ça, Hervé se consacre à son autre passion, la mer. Et moi, j’avais en tête NDMAC Systems, qui allie mes deux autres métiers : brasseur et informaticien. Quelques mois après Britt, en janvier 2013, NDMAC Systems est née dans la pépinière des entreprises de Quimper.

Depuis, vous parcourez les salons, les festivals, les réseaux, pour montrer votre machine : où en êtes vous ?

Après avoir passé 6 mois en incubation, nous avons pris deux ingénieurs, avec l’objectif de créer un prototype en 9 mois. En parallèle -c’était en 2013- on s’est installés dans le garage, et j’ai réussi à trouver de solides partenaires pour la conception de la machine : HMY, leader mondial du meuble commercial, et aussi Selbach, spécialiste allemand de conception de groupes froids.

Ce premier prototype, on l’a expérimenté 4 mois dans un bar, directement au contact des professionnels et des consommateurs. Ce fut un exercice concluant : notre plus belle récompense, à l’époque, ça a été de recevoir le prix du West Web Festival en 2014, et d’autres prix internationaux qui mettaient en valeur le design et l’originalité de notre machine. Forts de ces résultats, on a commencé une phase de recherche et développement qui a duré un an, jusqu’en juin 2015, sur des aspects vraiment techniques. On est passé de 3 à 10 personnes, rien que pour la recherche et le développement.

Maintenant, nous sommes dans une étape importante où nous avons dix modèles en pré-série, que nous exposons très régulièrement dans des bars, les festivals, les rassemblements d’entreprises et autres, pour collecter des informations après des usagers et des responsables d’établissement, en plus de la data de la machine qui est ultra connectée. Nous avons également élaboré le modèle voué à une production en série. D’ici quelques temps, on va entrer dans une phase commerciale très intense ! Fin 2017, on prévoit d’ouvrir à Quimper un cabaret connecté de 500 m². Mais d’abord, on invite tout le monde à tester la machine à la Maison Jaune, qui va ouvrir fin Avril !

Quels sont les points forts de votre machine, et à qui s’adresse-t-elle ?

Si l’utilisation de la machine n’est pas compliqué, et c’est voulu, son anatomie est complexe. Tout d’abord, les fûts. Ce ne sont pas les fût métalliques communs que l’on trouve un peu partout en France, mais un contenant complètement recyclable, donc écolo, qui s’installe en près de 20 secondes sur la machine. A elle de reconnaître, via un système de patch, le contenu de chaque fût. A titre d’infos, en une demi-heure maximum, la machine est installée. Elle ne demande qu’une prise et une connexion wifi, ce qu’on trouve dans la plupart des lieux maintenant. Pas besoin de raccorder la machine à l’eau ou au CO2: tout fonctionne en circuit fermé. Et c’est du 130 litres à l’heure ! Ensuite, le badge de l’utilisateur, c’est un identifiant unique qui reconnaît le client. A terme, on imagine développer une pléiade d’animations autour de cet écran. Des infos, des jeux, des quiz… Tout est possible !

Enfin, on vise essentiellement trois types de clients : les bars qui veulent prendre une ou deux machines en corner, les lieux éphémères, comme les festivals, et les concepts bars.

Mais je pourrais parler des atouts de cette machine pendant des heures, et chacune des 300 pièces de haute technologie qui les compose : c’est une innovation bretonne révolutionnaire.

 

 

Fanny Degorce
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