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Thierry Merret : « On ne va pas manquer de beurre »

Beurre sur la ville. Depuis plusieurs semaine, la crainte d’une pénurie de beurre rôde autour des rayons de grande surface.  Une menace fantôme selon Thierry Merret. Le président de la FDSEA 29 qui reconnaît une diminution de la production laitière mais pas la fin des haricots, au beurre. Interview.

Pourquoi la production laitière a-t-elle diminué ?

Pour certaines régions françaises, c’est lié à des problèmes fourrage qui manquaient à cause de la sécheresse. Mais cette diminution est essentiellement due aux prix qui ne sont pas rémunérateurs. Nous ne sommes plus dans une politique d’obligation de production. Donc, si ce n’est pas rentable, nous produisons moins.

Comment se quantifie cette baisse de production ?

La baisse de production est de 2,5%. Mais ce n’est pas ça qui va faire que nous allons manquer de beurre.

D’un autre côté il y a une augmentation du prix. A quoi tient-elle ?

Le prix du beurre sur le marché mondial a augmenté. Il y a deux marchés sur le marché mondial : le beurre et la poudre. Le marché de la poudre n’est pas bon du tout mais le marché du beurre a flambé : il est passé de 4€ /kg à 7€/kg. Il y a une consommation de beurre en hausse, due aux recommandations de santé notamment.

Quand on parle d’éventuelle pénurie, cela signifie qu’il n’y aurait plus de beurre. Mais on en produit toujours…

Oui, le beurre est produit et c’est un produit stockable.  Mais quand le prix du marché au niveau mondial est presque deux fois le prix de négociation de l’année précédente, et que l’acheteur, en l’occurrence la grande distribution, ne souhaite pas mettre ce prix, le consommateur trouve des rayons vides.

Il faut savoir qu’en Allemagne, ce phénomène n’existe pas. Les grandes distributions s’alignent au prix du marché, malgré des hausses de plus de 70%.

Ici, certaines enseignes auraient accepté des hausses de prix de 20-30 %. Mais ceci ne suffit pas et nos grandes laiteries vont sur le marché mondial. Il vaut aussi bien pour les crêpiers et restaurateurs d’aller faire leur course dans les supermarchés du coin pour payer moins cher.

Les négociations existent elles actuellement ?

Elles vont commencer pour l’année prochaine.

La situation actuelle risque-telle de perdurer d’ici les prochaines négociations ?

Ce n’est qu’une histoire de bonne volonté de la part des grandes distributions. En France, on a une grande distribution très forte par rapport aux autres pays qui acceptent les hausses et les baisses. Pourtant, je pense que le consommateur français accepterait aussi les hausses et les baisses. On ne va pas manquer de beurre, mais la situation serait meilleure si la production était payée à sa juste valeur, pour que les agriculteurs puissent gagner leur vie.

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