TGV. Le Finistère remet la pendule à 3 heures

On resonne le tocsin ! Souvent à l’avant-garde de la contestation bretonne, les Finistériens veulent à nouveau se mobiliser pour qu’une vieille promesse, faite par Jean-Yves Le Drian lui-même, ne tombe pas aux oubliettes. Mettre Brest et Quimper à 3 heures de Paris. La mise en service du nouveau tronçon LGV entre Le Mans et Rennes a fait gagner mécaniquement une demi -heure à tous les convois arrivant en Bretagne. Mais le compte n’y est pas encore pour les 3 heures sanctuarisés par Jean-Yves Le Drian, quand il dirigeait la région.

Or un nouveau rapport du député Philippe Douron vient d’indiquer que les travaux à réaliser entre Rennes et Brest-Quimper ne sont « pas prioritaires ». Du coup, à la séance du conseil départemental du Finistère, vendredi matin, les élus ont levé les fourches, prêts à monter à Paris en force pour se faire entendre. C’est une stratégie qui a fait ses preuves mais qui doit cependant prendre en compte d’autres facteurs.

D ‘abord, ce rapport Douron n’apporte rien de neuf. Ceux qu’il a déjà produit, il y a quelques années, rangeaient déjà les travaux intra-bretons comme non prioritaires. Il n’a pas varié d’un iota et ce n’est pas l’état des finances publiques qui va le faire changer d’avis. Le second élément à prendre en compte, c’est qu’une montée à Paris aurait bien plus d’impact médiatique si elle marquait une véritable mobilisation de la Bretagne. Or, depuis que Rennes est à une heure trente de Paris, elle fait désormais partie de la grande banlieue de la capitale et la fibre régionale en prend forcément un coup. Les Finistériens vont probablement devoir ramer pour qu’à Rennes, Saint-Bieuc ou Vannes, on se remette à bloquer des trains pour que Brest et Quimper entrent dans le cercle des villes à 3 heures de Paris.

La réactivation d’une contestation régionale paraît d’autant plus difficile à mettre en œuvre qu’en cas de lancement de nouveaux travaux intrabretons, il faudra que sous une forme ou une autre, les quatre départements remettent la main à la poche. Or, il y a quelques années, le président du conseil général (devenu départemental) d’Ille et Vilaine avait spécifié qu’il ne voulait pas payer des travaux d’infractures après Rennes. Son propos avaient soulévé quelques hauts-le-coeur dans les rangs finistériens mais c’est bien la preuve que même en Bretagne, la partie n’est pas gagnée.

Or, il ne faut plus compter sur la générosité d’un Etat lui même dans le besoin. Les travaux de TGV doivent aujourd’hui être cofinancés par les Régions concernées. C’est ainsi que la Bretagne a mis un milliard d’euros au pot pour le nouveau tronçon entre Le Mans et Rennes, celui qui a fait gagner une demi-heure. Autrement dit, monter à Paris pour une manifestation de soutien aux villes de Brest et Quimper est forcément de bonne guerre. Mais le soutien, c’est d’abord en Bretagne qu’il faut le trouver.

 

A Paris le 7 mars
Lundi, toutes les tendances du conseil départemental du Finistère, représentées lors d’une conférence de presse, ont annoncé la tenue d’une rassemblement le 19 fevrier devant l’Hotel du département à Quimper puis l’envoi d’une délégation à Paris, le 7 mars. Après une réunion à la Maison de la Bretagne avec conférence de presse, cette délégation se rendra l’après-midi à l’Assemblée nationale. 
René Perez
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