Photo Silienn, Cap-sizun.com (DR)

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Tévennec. Des artistes résideront-ils sur l’îlot maudit ?

Entre la presqu’île de Crozon et l’île de Sein, Tévénnec sera peut-être le premier phare en mer a accueillir des occupants autres que des gardiens. Ce seront des artistes en résidence. Mais s’ils y posent un jour le pied, ne craindront-ils pas de subir, à leur tour, la malédiction de ce lieu où plusieurs gardiens sont devenus fous ou morts dans de brutales circonstances ?

Héliporté en hiver

Des lieux de résidences d’artistes, on en compte déjà plusieurs dizaines en Bretagne. Mais aucun projet n’a la dimension folle et spectaculaire de celui porté par l’Association nationale pour le patrimoine des phares et balises. Elle veut faire de ce phare-îlot à la sinistre réputation, un lieu de solitude propice à la créativité artistique. Selon l’association, un artiste français vivant actuellement à New-York serait d’ores et déjà candidat à cet exil en mer. Mais avant cela, encore faut-il s’assurer que cet îlot est viable et mesurer l’ampleur des travaux à réaliser. A la louche, ils sont estimés à un million d’euros.

Marc Pointud, le président de cette association nationale, a décidé d’être le premier à y séjourner depuis un siècle et pour que le test soit encore plus fiable, il a choisi de s’y installer en hiver. Samedi, faute de pouvoir accoster sur ces rochers hostiles balayés par les flots, c’est un hélicoptère qui l’a déposé sur l’îlot dans une manœuvre audacieuse laissant supposer que le pilote a déjà un bon paquet d’heures de vol. Muni de vivres et de panneaux solaires amovibles, Marc Pointud va donc vivre pendant deux mois, seul sur ce rocher où il n’a emporté que deux livres dont un de Mélenchon.

« Des râles et des lamentations »

Brrrrrrr… S’il y a bien un endroit en Bretagne à vous faire dresser les cheveux sous le bonnet, c’est bien cette maison-phare de Tévennec. Ici, après sa mise en service en 1874, une étrange malédiction sembla planer sur ce lieu d’une époustouflante beauté mais diablement sinistre quand les nuages volent plus bas que les cormorans et que les bruits les plus maléfiques semblent venir des entrailles de la mer.

Est-ce eux qui ont rendu fous les deux premiers gardiens du lieu, sombrant l’un après l’autre dans la maladie mentale provoquée par une longue solitude peuplée de bruits nocturnes, tenant à la fois des râles et de lamentations à vous faire tomber l’oreille en lambeaux. Un siècle plus tard, on a découvert qu’un trou était situé sous Tévennec, formant comme un tuyau où, à marée très basse, les eaux pouvaient subir une forte pression provoquant le son de cornes de brume venant des tréfonds de la mer. Comment, dans des nuits aussi noires que leur solitude, les pauvres gardiens n’auraient-ils pas été saisis d’effroi en entendant pareilles diableries ?

Mais il n’y eut pas que cela. Sur cette ile, deux gardiens trouvèrent la mort dont un qui tomba sur un couteau, le beau-père d’un gardien fut emporté par une lame, un nourrisson mourut aussi, enfant d’un couple gardiennant le phare… Tout cela commençait à faire beaucoup au point qu’en 1910 on installa une système au gaz mettant fin à cette sinistre série de gardiennage en mer.

Marc Pointud est donc le premier à y retourner et les lecteurs du Télégramme pourront suivre le récit de cette aventure dans une chronique écrite par ce gardien des temps modernes. On saura alors si les nuits de Tévennec sont aussi sinistres qu’on l’a dit.

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