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Tempête. La Bretagne a plutôt bien résisté

La tempête Zeus qui a secoué la Bretagne a laissé derrière elle des dégâts, des blessés et quelques records de vitesse de vents, d’une violence proche de la force d’un ouragan. Mais quand on évalue la casse provoquée par les éléments déchaînés, il faut bien reconnaître qu’ils sont limités, par rapport à d’autres événements climatiques d’exception dans la région.

A Camaret, en tous cas, jamais le sémaphore n’avait enregistré des vents d’une telle violence : 193 kms/heure. Plus forts que lors de la tempête de 1999 qui avait fait une quinzaine de morts dans l’Ouest (91 dans la France entière) ou même l’ouragan de 1987 où les records de vitesse avaient été enregistrés à Ouessant et Concarneau : plus de 200 kms/heure !

Zeus s’est donc déchainé et lundi matin on ne comptait plus les arbres arrachés, les toits emportés, les bateaux sur cales couchés sur les quais, les coupures d’électricité multiples (160.000 foyers en Bretagne) mais aussi trois lycéens blessés à Carhaix. Dans l’enceinte de l’établissement, deux filles et un garçon ont été surpris par la chute d’un arbre et tous trois hospitalisés, dont l’une à Brest en raison de ses multiples fractures.

140 kms/heure dans les terres !

Mais au global, la force des éléments qui a fait trembler les maisons en presqu’île de Crozon, est restée relativement limité quand on met les dégâts en regard de la vitesse des vents qui ont également atteint des niveaux impressionnants dans les terres où ils ont soufflé jusqu’à 140 kilomêtres en Bretagne.

Deux facteurs se sont conjugués pour atténuer les dommages. Vers 8 h, au moment où les éléments se sont déchainés, la marée de faible coefficient était encore loin de la pleine mer. Et surtout, les vents ont soufflé de Ouest-Nord-Ouest, direction face à laquelle la Bretagne est la mieux armée. Les bâtiments sont généralement construites en tenant compte de ces vents dominants et les arbres, au fil des ans, subissent presqu’en permanence des tests de résistance et d’endurance sous l’effet constant des vents venant de cette direction. Ils s’enracinent en conséquence.

Lors de la tempête de 1987 (et un peu moins en 1999), ce sont au contraire des vents venus de Sud-Ouest qui avaient déferlé sur la Bretagne et notamment sur un axe Concarneau-Saint-Brieuc. Les ports, les bâtiments et la végétation ne sont pas vraiment profilés pour les rafales d’anthologie arrivant ainsi sournoisement dans une direction inhabituelle en mauvaise saison. Les images d’octobre 87 avaient été terribles. De ces centaines de voiliers enchevêtrés dans le port de Concarneau à la façade du centre de tri de Saint-Brieuc éventrée comme par un ouvre-boite, des forêts couchées par un rouleau compresseur venu des cieux aux toits s’envolant comme des fétus de paille, le bilan fut impressionnant. Mais en survenant la nuit, cet ouragan de 1987 fut humainement moins lourd que la tempête de 1999.

Pierre Vincent
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