Taxe d’habitation. En Bretagne des hausses raisonnables

Des maires pris en tenaille entre l’État et leurs administrés ! Elle ne passe pas inaperçue, cette année, la hausse de la taxe d’habitation dans certaines communes. D’ordinaire, elle fait partie de ces augmentations classiques que les élus votent généralement en début de mandat. Mieux vaut le faire au plus vite, en mettant ça, si possible, sur le dos des prédécesseurs, que d’attendre la fin du mandat, au moment de retourner devant les urnes.

Mais cette année, les projecteurs sont tellement braqués sur cette taxe, en raison de la baisse de 30 % octroyée par l’État (pour 80 % des contribuables) que les élus augmenteurs se retrouvent comme le lièvre dans les phares de la voiture. Ils ne s’y attendaient pas, les pauvres, au coup de Jarnac que leur sort Bercy en publiant la carte des 35.400 communes françaises avec le taux appliqué par chacune d’entre elles, qu’ils soient stables, en hausse ou même en baisse car il y en a, mais oui, pour les heureux contribuables qui vont ainsi cumuler les 30 % ainsi que la baisse communale.

La très grande majorité des élus a décidé de ne pas bouger cette année, et de reconduire les taux. Mais 6.000 communes, soit environ une sur six, ont opté pour une augmentation, sans arrières pensées pour certaines et de façon sans doute plus sournoises pour d’autres, se disant que l’augmentation serait noyée dans la masse des 30 % accordés par l’État.

Mais non, mais non, elle n’est pas noyée ! Bercy a sorti l’artillerie lourde avec cette carte nationale. Et dans les rangs (probablement) macronistes, des internautes ont eu l’idée, tout de même saugrenue, de sortir le hashtag #balancetonmaire, référence tout de même lourdingue au #balancetonporc. Pas très fin de mettre ainsi sur le même pied phonétique des harceleurs avérés et des élus locaux. Mais surtout, c’est oublier que chaque année, des municipalités augmentent leur taux de taxe d’habitation et cette cuvée 2018 ne se caractérise tout de même pas par un tsunami fiscal dans les communes françaises par rapport à une année ordinaire.

Et encore moins en Bretagne. Près de 350 communes bretonnes (sur 1232) ont opté pour l’augmentation. C‘est un taux supérieur à la moyenne nationale. Mais la hausse reste très mesurée et n’atteint pas les 20 % et plus enregistrés dans des communes d’autres régions. On ne manquera d’observer, par ailleurs, que la plupart de ces communes se situe dans des zones très bien marquées dans le pays bigouden (29), dans les secteurs de Dinan (22), de Bain-de-Bretagne (35) ou encore d’Auray (56), autrement dit des périmètres d’intercommunalités. Car cette taxe d’habitation, ne l’oublions pas, comporte désormais une large part intercommunale. Il aurait donc été plus logique de lancer le hashtag #balancetonintercommunalité. Mais ça sonne moins bien.

René Perez
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