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Le surf, plus qu’une vague tendance

Gawood, le shaper qui ne jure que par le bois

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Gaël Le Thellec, dans son atelier de Combrit, surfe sur le paulownia depuis trois ans. Pont, lattes, carène, le bois de cet arbre d’ornement originaire d’Asie vit encore de belles heures une fois débité. Au regard de la bonne réactivité à l’eau de mer de ce bois qui ne tuilera pas, Gaël Le Thellec en a fait son matériau favori pour « shaper » des planches 100% bois. Gawood, c’est le surf rétro dans son état le plus brut. Bien empreint de conscience écologique et environnementale, Gaël Le Thellec est de ces artistes qui ne démordent pas d’une matière. Prédilection d’un de ces fistons qui ont assisté leur père dans une cave, qui ont sniffé les sciures et observé, admiré la main de maître d’un daron à l’ouvrage.

dsc_0412Années 80. Le Let’s Go Trippin de Dick Dale résonne déjà de loin et les Beach boys ont eux aussi popularisé le surf sur les ondes, quand Gaël Le Thellec regarde son père modeler quelques windsurfs à l’époque des premières envolées du funboard. Contagion assurée, pour Gaël Le Thellec qui suivra un CAP d’ornementaliste à l’école Boulle, puis un DMA de sculpture sur bois, avant de tailler sa voie dans le domaine tout tracé du surf. La « noblesse » par deux fois, pour ce chasseur de vagues averti.

Unique artisan à réaliser des shortboards et longboards tout en bois non fibrés, il badigeonne ses planches de préférence d’huile dure, ou de vernis marin. Pourquoi ce choix? « On gagne en fluidité. Toutes les matières ne répondent pas au clapot de la même façon et celle-ci l’absorbe très bien. » On y trouverait « une sensation d’apesanteur » par-delà une « rigidité qui assure une ligne plus directive, une trajectoire plus maîtrisée » de l’objet hydrodynamique. Grands classiques de ses fabrications: un « tail » (forme arrière) rétro et le Fish, – cette board de 6 pieds constitue la moitié des demandes -, le reste étant réparti entre les planches de type Egg et longboards. Pour la dimension artistique, y’a qu’à choisir entre aquarelle et pirogravure, Gaël Le Thellec rentre dans le rang des artistes.

Mieux encore, Gawood a, il y a un an, ouvert son atelier aux stages pour permettre aux intéressés de concevoir leur propre modèle sous l’œil éclairé de leur professeur. Apprenti shaper, Alexandre Aubert, comme tout surfeur sensible au beau et au bois, fera régner son surf dans le salon. C’est négocié avec Madame. Argument à l’appui: « Une pièce chauffée est le meilleur des dortoirs pour un surf en bois. »

Manon Motir
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