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Le surf, plus qu’une vague tendance

Rob, le fabricant d'Endless summer

« Les vieux shapers disent qu’il faut avoir shapé 1000 planches pour être un vrai shaper. J’en suis à 600, mais je peux y rajouter les longues heures passées sur la résine époxy. » Robin Goffinet, alias Rob, dans le milieu, ne fait pas dans la demi-mesure dans le domaine de « la bijouterie du composite », aime-t-il à dire dans le sillon de l’un de ses professeurs de licence en plastiques composites.

Installé à Plozévet depuis 10 ans, ce faiseur de rêves a tiré son épingle du jeu dans la presse spécialisée et auprès des surfeurs. Entre créativité et technicité, Rob joue de quelques concepts innovants, et pour le moins originaux, qui lui ont valu une médiatisation à hauteur de performances. La perf’ du shaper, envers et pour la prouesse du surfeur!dsc_0431-1Artisan d’art

Hormis les sérieuses bases scientifiques, Rob, dans sa conception du métier, s’évertue à exhumer des matières tel un artisan-chercheur. Ou comment repenser une board carbone en pont et rails de liège, sans wax, imperméable, incassable et insensible aux chocs. « Un process de galérien, mais top », assure celui qui planche éperdument sur la vague des autres.

Fort bien accueillies, « les planches en liège ont représenté 20% de mes fabrications l’an dernier ». Fait d’inventivité insolite et sans limite, le chanvre, comme le lin, s’est invité dans la gamme de Robsurfboard l’an dernier. « Le but de la manœuvre [étant] clairement de proposer quelque chose de moins impactant que la fibre de verre » et de décliner une offre en proie à l’écologie.

Une sensibilité deux poids deux mesures, cela dit… Plutôt partisan du « toxique-durable » que du « bobo-écolo jetable », Rob, lui, préfère freiner la consommation et le renouvelable, et miser sur la longévité de ses boards. Une conception de l’écologie qui s’entend.

« Une bombe de tapis-volant »

Tandis que polyuréthane et résine polyester composent 90 % de la production de surfs, Rob est encore allé en travers avec son combo « polystyrène époxy pour un noyau plus léger », mais fichtrement « costaud ». On en fait une hosanna sur la blogosphère. « Une bombe de tapis-volant », à en croire « l’heureux propriétaire d’un mini-simmons de chez Rob ».

Des boards en « préshape » ou à façon

« Pour envoyer un roller à midi », Rob reçoit en partie des modèles de performance de Biarritz. Usinés en « préshape », « ils me permettent une répétitivité souvent inhérente à la pratique pro ». Mais pour concevoir des « fish », -des planches de petite taille à la fois assignées aux petites vagues et aux surfers aguerris-, c’est le travail à façon qui prime et va de pair avec la personnalisation et sa touche « rétro / old-school ». Le sur-mesure de la glisse et du « carving-surfing » comme on dit dans le jargon, autrement dit: une trajectoire taillée en ciselant la vague sur le rail de sa planche.

Et si le fabricant de bonheur ne compte pas ses heures, le surfeur, lui, n’a plus qu’à s’armer de patience pour attendre son bijou. Le calendrier de Rob est bouclé jusqu’en juin, et le trentenaire, qui n’a pas perdu de sa passion, bossera le dimanche si un offshore vient titiller sa lubie.

Manon Motir

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