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Le surf, plus qu’une vague tendance

L'économie du surf et du stand up paddle: 8,3 millions d'euros

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Vent offshore, températures à 20°c, en février comme en avril, les surfers ont senti le Graal sous leurs pieds. En Bretagne, les surfeurs doivent jouer des coudes sur certains spots pour chasser croiser le pas sur leur planche. Zoom sur ce sport promis des Jeux Olympiques 2024 qui emballe 50 000 aficionados en Bretagne.

Selon les données de l’association Nautisme en Bretagne qui oeuvre, aux côtés du Conseil Régional de Bretagne, pour le développement et la promotion des activités nautiques en région, le territoire est représenté par 31 shops (vente et entretien de surf), 77 prestataires de surf , et 188 prestataires de Stand up paddle (Sup). Selon Philippe Rodet en effet, directeur de la structure associative, « on raisonne désormais par addition Surf & Sup. De notre point de vue et de celui des pratiquants, cela répond aux mêmes attentes. Le Sup étant simplement considéré comme plus accessible. »

En termes d’employabilité, l’enseignement et la gestion dédiée à l’apprentissage de surf (écoles) se chiffrerait à 368 contrats de travail ou d’intervention (autoentrepreneurs compris) par an, soit 198 équivalents temps plein (ETP). Car si la pratique libre du surf est estimée à 50 000 planchistes, la pratique encadrée représente quant à elle 110000 surfeurs par an (dont les quelque 1800 licenciés).

De quoi estimer à « 8,3 millions d’euros, le chiffre d’affaires correspondant au combo surf et stand up paddle, sur un total de 137 millions d’euros de chiffre d’affaires pour le secteur Tourisme, sports nautiques et bord de mer de la filière nautique en Bretagne », selon les données 2017 de l’association.

La Bretagne, briguée des surfeurs

Hossegor n’a qu’à bien se tenir. La Bretagne semble bel et bien faite dans la dentelle pour servir la soif des surfeurs. Pour leur envol et leur essor, sûr que le dentelé écharpé de la région offre une kyrielle de possibles. Aussi jalonnée de rocaille que de longues plages, l’esquisse naturelle des 2500 kilomètres de côtes bretonnes s’offre en effet à toutes les pratiques suivant les spots suivants: Audierne, La Baie des Trépassés, la Barre d’Etel, Brest Blanc Sablons, Crozon, Dinard, Donnant, Douarnenez, le Fort Bloqué et Guidel Plage, l’Ile aux Vaches, La Palue, La Torche, Le Dossen, Le Petit Minou, Locquirec, Lostmarc’h, Perros-Guirec, Pors Carn, Pors-Nevez, Port-Blanc, Quiberon, Sainte-Barbe, Saint-Lunaire, Trestel, Tronoën.

Échantillon très représentatif de la Bretagne: le bassin de Lorient. « Entre Larmor Plage et Guidel Plage en passant par le Fort bloqué, la côte très variée se veut propice à un nuancé de niveaux », estime Loïc Guillemar, salarié du club WSA à Guidel. Un club qui voit défiler 400 licenciés à l’année, entre amateurs et compétiteurs. En effet, là où se côtoient des « plages adaptées à la progression » et des « coins à dégourdis où déferlent les vagues sur fonds rocheux », le flow se veut aussi bien dédié au loisir, qu’à la puissance…

La Torche et autres spots bretons sont donc aussi devenus de parfaits terrains de jeu pour faire ses preuves et « scorer » en championnats. Classée 2ème région aux Championnats de France 2018, la Bretagne est devenue une région de grand talent. Un succès bâti des contributions humaines pour faire l’événement. En la matière, secteurs public et privé se donnent de bonne grâce. Organisé à 85% sous statut d’entreprise, le reste sous statut associatif, le surf vogue sur deux tableaux.

Entre clubs et écoles, salariés et bénévoles, tous concourent à favoriser l’événement, selon un calendrier qui fait la part belle à chaque support, tous les niveaux, et bon nombre de sites. A noter le Breizh Surf Tour dont une troisème étape à La Torche, les 25 et 26 mai mais aussi le Breizh SUP Tour 2019 en plusieurs étapes, un Breizh Handisurf Day à Perros Guirec, fin mai, et enfin les championnats de Bretagne de Surf & SUP Race 2019 aux alentours de La Torche.

Mais la compétence se fonde encore sur les deux centres de performance que sont le Pôle Espoir Bretagne et le Centre Labellisé d’Entraînement de La Torche. Avec 1757 licenciés recensés en 2018 dont 587 féminines, 39 associations, et 17 écoles labellisées, le surf de Bretagne se mesure aussi aux 120 surfeurs et surfeuses bretons(nes) évoluant au niveau national et international.

Zoom sur quelques grands noms du surf breton

capture-decran-2019-05-17-a-11-08-22Ils s’appellent Gaspard Larsonneur, Champion de France et d’Europe en longboard alors qu’il n’est âgé que de 17 ans, Ian Fontaine, Alexis Deniel, Ben Carpentier ou encore Camille Tonin (stand up paddle (sup)), Yann Salaün, qui habille la longue liste de bodyboarders ayant trusté quelques podiums, et ont tous en commun, la Bretagne pour premières armes.

« Sur les dix dernières années, les Bretons ont explosé les scores », se félicite le président de la Ligue de surf en Bretagne. Mais Stéphane Ibarboure ne s’arrête pas à un regard dans le rétro pour flatter l’ego du surf breton. Mirant d’un plus bel oeil la catégorie Espoir, il pronostique encore un très bel avenir au surf breton. Il n’y a qu’à voir la Costarmoricaine Maëlys Jouault qui n’est autre que la première Bretonne à avoir participé aux championnats du monde de surf (Californie, automne 2018), à remporter un Junior Pro (Biscarrosse, printemps 2017). Désormais membre de l’équipe de France juniors, la jeune fille brave les beachbreaks du Portugal, de Panama, Cap Vert et autres spots mondiaux.

Théo Julitte, le tonique et triple-vainqueur du Bretagne Open, et Hugo Tosetti, alias « Le Petit Prince de La Torche », pointent eux aussi le bout de leur nez en termes de nouvelles vagues alors qu’ils écument savamment les ondes aquatiques sur shortboard comme sur le nose d’un longboard.

Autres jeunes pros du flow tout droit sortis des eaux de La Torche: Aurélien Buffet, vice-champion de France 2017, ou encore Illona Gloasguen, championne de France en titre, sont tous deux membres du Pôle espoir de la Ligue de surf de Bretagne. Classé parmi les meilleurs surfeurs européens encore: Titouan Canévet, mais encore Katell Michler-Roppert, revenue cet hiver de Californie avec la médaille d’argent des championnats du monde de parasurf.

Manon Motir

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