Stop à l’abandon du bocage breton !

Novembre est le bon mois pour planter des arbres et des haies. C’est donc le bon moment pour regarnir et renforcer ces talus qui constituent le bocage breton, l’ossature qui pendant des siècles a assuré l’équilibre écologique de nos campagnes et la beauté de ses paysages. Mais avec les nouveaux modes de culture lancés après-guerre, le bocage a rapidement décliné, encouragé par les pouvoirs publics qui misaient sur les grandes exploitations pour assurer de meilleurs rendements à l’agriculture française.

L’analyse ne manquait pas de pertinence. Mais le résultat est aujourd’hui préjudiciable à l’équilibre écologique de nos campagnes, tant l’abandon progressif a supprimé des dizaines de milliers de kilomètres de bocage. En 2018, lors du dernier recensement, il restait 128.000 kilomètres en Bretagne, chiffre qui peut paraître respectable mais qui ne représente plus que le quart du bocage existant au début des années 60 ! Entre 1960 et 1980, 60 % du bocage a été rasé. Depuis, cela ne s’est pas arrangé puisque selon un autre recensement, 12 % du kilométrage restant a encore disparu entre 1976 et 2008.

Ces chiffres, c’est Bretagne Vivante qui les rappelle en lançant un véritable SOS pour que cesse cette disparition progressive du bocage breton dont on n’a sans doute pas assez mesuré le rôle capital. D’abord, c’est lui qui constitue une des dernières réserves écologiques de nos campagnes en offrant un habitat à de nombreuses espèces animales et végétales. Et quand on voit le résultat de certaines coupes mécaniques de talus routiers à certaines périodes de l’année, on mesure mieux encore les dégâts subis par la biodiversité. On en a eu une récente illustration avec les pourcentages catastrophiques de disparition des oiseaux dans nos campagnes.

Le bocage est également la meilleure défense contre l’érosion des sols et pour les eaux, il joue à la fois un rôle d’épurateur de certaines pollutions et de barrage contre le déferlement des fortes pluies qui provoquent parfois des inondations en Bretagne. Et puis faut-il redire qu’il contribue à lutter contre le réchauffement climatique en absorbant les émissions de carbone ? « Un kilomètre de haie permet de stocker 550 à 900 tonnes d’équivalent carbone sur 100 ans », avance Bretagne Vivante.

Mais elle se garde bien de cibler les agriculteurs dont elle n’ignore pas les contraintes et le manque de temps à consacrer à ce bocage. Les talus et les haies, insiste-t-elle, sont désormais une problématique générale. Elle implique que les collectivités comme les particuliers prennent leur part pour stopper la disparition de ce bocage et lancer des initiatives de reconquête des haies bocagères perdues.

René Perez
1 Commentaire
  1. Chemin

    J ais connus l avant remembrement , et depuis jamais sa n ‘ à arrêter de dévasté

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