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Stars du design, les frères Bouroullec se prennent parfois le bec

Les Bretons qui deviennent des références nationales dans la décoration, le design et l’architecture intérieure auraient-ils pour point commun une certaine allergie à la notoriété ? Un rejet assumé de la célébrité ? Avec le Brestois Xavier Marie, on a vu à quel point le créateur de Maisons du monde a su rester éloigné des projecteurs alors que le groupe qu’il a lancé pourrait, dans les prochaines années,  atteindre le milliard d’euros. Avec les Quimpérois Ronan et Erwan Bouroullec, on est dans le même schéma. Car si nul n’est prophète en son pays, il est tout de même étonnant que les deux frères soient aussi peu connus dans leur Bretagne natale alors qu’on chante leurs louanges à Londres,  New-York ou Los-Angeles.

Pour mettre un peu plus en relief le talent des deux frérots, Rennes organise trois expositions au Frac (Fonds régional d’art contemporain), au Parlement de Bretagne et aux Champs libres pour décliner leurs talents multiples. Des objets à usage domestique aux projets architecturaux pensés pour la ville de Paris en passant par des idées conçues pour réenchanter la ville de Rennes qui en a bien besoin en ce moment, c’est la créativité hors normes des deux quadras (45 ans, pour Ronan, 40 pour Erwan) qui est mise en exergue dans ces trois sites d’exposition.

Un premier titre à New-York

La créativité artistique est de toute évidence dans la génétique familiale car les deux frères ont suivi un cursus parallèle : Ecole des Arts déco à Paris pour l’un, Ecole nationale d’Art de Cergy-Pontoise pour l’autre. Et pourtant, l’un de leurs grands pères n’était qu’un modeste paysan d’Ergué-Gabéric, près de Quimper. Leurs études bouclées, ils tracent leur route mais se retrouvent très vite autour d’un projet commun de studio de design à Paris, en 1999, déjà forts d’une maîtrise de leur art. Elle va leur valoir une fulgurante reconnaissance internationale avec à la clef, un New Designer Award à New-York dès 1999, une expo à Londres en 2002 puis à Los-Angeles en 2004 après avoir reçu le titre de Créateurs de l’année au salon du Meuble de Paris en 2003.

Le mobilier contemporain et la décoration intérieure figurent bien dans leur travail autour des objets du quotidien pour de très grandes marques (Vitra, Cipollini, Roset…) mais les deux Quimpérois sont des touche-à-tout. On les retrouve aussi bien dans le dessin de vêtements que dans l’architecture, les sculptures pendulaires ou les créations murales, dans la vidéo ou la photographie, laissant libre court à une imagination totalement débridée. Et comme ils n’ont pas oublié d’où ils viennent, une de leur création majeure dans le mobilier s’appelle Lit clos tandis qu’une de leur claustra baptisée Algues s’est vendue à des millions d’exemplaires dans le monde.

Modestie ou stratégie ?

Ils sont un peu partout mais un peu nulle part car contrairement à d’autres designers comme Philippe Stark, ils semblent tourner le dos à toute déclinaison médiatique de leur métier. Et comme les Rolling Stones à leurs débuts, ils ne sourient pas sur les photos, sans que l’on sache s’il faut y déceler une pointe de modestie ou une once de marketing.

Les deux frères savent en tout cas où ils vont, sans manquer toutefois de se pouiller parfois autour d’un projet commun. Ils avouent sans détour qu’il leur arrive  de se prendre le bec, preuve que l’art contemporain se nourrit plus de la confrontation créative que du consensus mou.

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