Sous-marins. Un projet furtif

Avec les élections régionales, va venir le temps des promesses et Jean-Yves Le Drian finira bien par sortir du bois. Certes, Marylise Le Branchu a annoncé, sans rire, « Je pourrai être le plan B » mais tout cela ressemble fort à la stratégie du leurre dont notre ministre de la Défense connaît maintenant tous les secrets.

Donc, le candidat Le Drian sera attendu particulièrement dans l’Ouest breton pour tracer sa vision d’avenir d’un secteur très secoué par la crise mais il ne pourra mettre sur la table un sujet susceptible pourtant d’apporter une bonne bouffée d’oxygène à la région brestoise : l’entretien des futurs sous-marins d’attaque (SNA) dont le premier exemplaire, le Suffren, actuellement en construction à Cherbourg, devrait être livré à la Marine nationale en 2018. Ces SNA qui iront plus loin, plus vite et plus longtemps que la première génération ont bénéficié d’une partie de la technologie développée pour les SNLE (sous-marins nucléaires lanceurs d’engins) de type Triomphant.

Et la question qui se pose encore, c’est de savoir où se fera l’entretien de ces SNA nouvelle génération : Toulon ou Brest ? Ces sous-marins, conçus pour la lutte sous-marine et la surveillance des convois, resteront basés dans le port varois, comme les actuels SNA de première génération, mais leur entretien va nécessiter de nouvelles infrastructures qui posent la question du site. A Toulon, on met en avant l’expérience déjà acquise dans l’entretien des SNA. A Brest on insiste sur la proximité de l’Ile-Longue et la mutualisation éventuelle des moyens. Et en dernier ressort, c’est le ministre de la Défense qui devra prendre la décision. Qu’il soit Breton n’est pas forcément un avantage, tant les Toulonnais sont aux aguets et peu perméables aux arguments des spécialistes qui donnent plutôt l’avantage à Brest.

L’enjeu, il est vrai est colossal : il y aura d’abord un très gros chantier pour réaliser les infrastructures d’accueil et chaque période d’entretien de sous-marins mobilisera entre 500 et 1000 technicien selon les phases du chantier. Cela pourrait faire une belle promesse de campagne. Mais Jean-Yves Le Drian aura plusieurs bonnes raisons de ne pas en parler et de laisser encore cette question au stade du projet furtif.

René Perez
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