combiwest

SNCF. Une combine contre le combiné de Combiwest ?

Les autorités de la concurrence ont devant elles un beau cas d’école. Depuis l’ouverture du rail à la concurrence, la SNCF montre non seulement une mauvaise volonté mais de toute évidence, elle ou ses employés n’hésitent pas à user d’entraves pour contrarier ou empêcher les concurrents de se positionner dans ce nouvel espace ouvert.

Avec Combiwest, le résultat est éloquent : cette entreprise bretonne créée pour pallier l’absence de ligne rail-route vers le sud-est de la France a dû faire face à tant d’entraves et de chausse-trapes qu’elle met sur le compte de la SNCF la voie semée d’embûches qui l’a conduite au dépôt de bilan puis la liquidation. Et par un étonnant retournement, relevant du gag et du coup de théâtre, voilà que c’est une filiale de la SNCF qui reprend la ligne d’où Combiwest a été contrainte de se retirer, il y a quelques mois à peine !

« Ils nous ont tout fait »

Pour comprendre, il faut d’abord savoir que le fret ferroviaire assure le transport de marchandises en vrac, comme on peut le voir sur les grands ports bretons, mais que la grande tendance désormais, c’est le combiné-rail route. Les marchandises arrivent par conteneurs (ici on parle plutôt de caisses) qui passent du rail à la route et des trains aux camions. Et inversement. Le Grenelle de l’Environnement a consacré les vertus de ce transport combiné sur le niveau des émissions de CO2.

Pour le transport, notamment de l’agro-alimentaitre breton, des entreprises bretonnes, dont la SICA Saint-Pol premier actionnaire, ont opté pour ce mode de livraison mais faute de liaisons fret combiné assuré par la SNCF (qui a abandonné la Bretagne en 2006 !), ils ont créé une entreprise de transport, renouvelant ce qu’ils firent jadis en lançant la Brittany Ferries. Ainsi est né Combiwest, en 2011, pour transporter l’agro-alimentaire vers le sud-est de la France ainsi que les marchandises d’autres opérateurs, avec des perspectives de développement vers l’international.

Mais durant cinq ans, « ils nous ont tout fait », soupire un dirigeant de la société. « Ils » ce sont les dirigeants et certains responsables de la SNCF qui, selon lui, ont multiplié les entraves à la bonne marche de Combiwest. La société a fourni un compte rendu détaillé de tous les incidents réguliers et volontaires, selon elle, empêchant l’acheminement des denrées alimentaires et industrielles, résumé dans le réquisitoire de Combiwest contre la SNCF.

Naviland Cargo prend le relais

L’entreprise bretonne a donc jeté l’éponge au printems. Mais la ligne Rennes-Lyon n’est pas morte pour autant. Elle est même le théâtre d’un singulier rebondissement puisque c’est une filiale de la SNCF, Naviland Cargo, qui prend le relais. Opérateur de transport combiné, elle va travailler en partenariat avec le groupe rennais Montmur (devenu depuis peu Lahaye Global Logistics) sur la ligne Rennes-Lyon où cette société confiait jusqu’à présent ses transports à Combiwest.

L’entreprise publique a-t-elle fait couler l’entreprise privée pour mieux prendre sa place ? Les dirigeants de l’ex-Combiwest se posent légitimement la question pour avoir dénoncer tant de fois le risque de cette situation depuis 2011, en espérant que les autorités de la concurrence se pencheront sur les conditions qui ont présidé à cette transition forcée. Il sera surement intéressant d’observer le trafic futur sur cette ligne pour savoir si Naviland Cargo connaitra autant d’avatars, d’avaries et d’avanies que Combiwest pendant cinq ans !

Julien Perez
1 Commentaire
  1. Marin Schultz

    C’est beau de défendre le privé sauf que vous avez oublié un gros détail, c’est que Combiwest payé très peu de sillons (créneaux horaires pour faire rouler les trains, payants). Forcément SNCF lui donnait des sillons minables il faut pas s’en étonner d’ailleurs il fallait s’estimer heureux d’avoir droit à des sillons quand on les payait pas

Laisser un commentaire

Votre adresse email sera publiée. Les champs obligatoire sont marqués par un *

viderValider