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Sébastien FLOC’H, Sill Entreprises. « Fier du comportement des équipes »

Avec la crise du Covid 19, la consommation alimentaire à la maison et les achats en supermarchés ont fait un bond énorme. Les entreprises du secteur doivent tourner à plein régime, tout en étant confronté à la mise en place de mesures d’exception. Le groupe d’agroalimentaire breton Sill Entreprises (Yaourt Malo, beurre Le Gall, Plein Fruit, La Potagère…) est confronté de plein fouet à cette situation paradoxale. Entretien avec son Directeur Général, Sébastien Floc’h.

Comment vous êtes-vous adaptés à cette période de crise ?

Depuis lundi, nous sommes entrés en phase de gestion de crise, avec la formation d’un comité de direction que nous réunissons tous les jours. Sa première mission a été de déterminer les fonctions vitales pour le groupe. Trois grandes missions ont été priorisées : recevoir et collecter, produire et expédier. Nous avons identifié toutes les fonctions et les postes directement ou indirectement liés à ces trois enjeux. Pour les autres personnels, nous avons développé les moyens permettant le télétravail et parfois été contraints de prendre des mesures de chômage partiel. Nous avons également mis en place des indicateurs pour suivre en temps réel l’évolution de la crise. Nous nous assurons par exemple du respect d’un stock minimal sur nos matières premières et emballages, de la disponibilité de la flotte de nos transporteurs, ou encore du niveau de stocks présent chez nos distributeurs. Jusqu’à nouvel ordre, ce comité se réunit chaque jour afin d’analyser l’état de la situation opérationnelle, site par site, client par client, et adresse l’ensemble des problématiques rencontrées par nos équipes.

Produisez-vous davantage puisque la consommation à la maison augmente ?

Chaque filiale de Sill Entreprises connaît des pics de production qui peuvent atteindre jusqu’à 50 %. Il n’y a que le secteur de la Restauration Hors Foyer (RHF) qui connaît une baisse très significative. La Sill est, à ce jour, en capacité de répondre aux pics de commandes. Il faut savoir gérer la hausse, comme il faudra également savoir gérer la baisse qui viendra inéluctablement.

Y-a-t-il des risques de pénurie ?

Nous mettons tout en œuvre pour éviter d’éventuelles pénuries sur nos grandes familles de produits, même si cela pourrait arriver, notamment sur les produits fabriqués en plus petite série qui ne seront pas considérés prioritaires.

Qu’en est-il du lait ?

Le lait est un enjeu à part entière pour Sill Entreprises dans la mesure où nous avons développé notre propre collecte. Chaque jour, nos camions se rendent dans plus de 600 exploitations avec qui nous travaillons (500 en Bretagne et environ 110 en Aveyron). Au niveau de notre groupe, nous restons très attentifs quant à notre approvisionnement en lait. Nous n’anticipons pas de pénurie à ce stade, mais nous devons rester vigilants et réactifs par rapport à d’éventuelles nouvelles contraintes : mesures prises par le Gouvernement, ou encore manque de disponibilité de nos transporteurs… Je tiens à préciser que s’agissant de la collecte du lait, nous avons également renforcé nos règles d’hygiène. Nous limitons au maximum les contacts, et avons renforcé le matériels de protection de nos chauffeurs.

Quelles autres mesures avez-vous mis en place ?

En plus des gestes barrières préconisés par l’Etat, nous avons aménagé les horaires des équipes pour éviter les croisements, fermé ou mieux cloisonné les espaces collectifs, tels que les salles de pause, ou les vestiaires. Nous avons également accru la désinfection des locaux ou des poignées de portes… Enfin, concernant les espaces administratifs, et lorsque le télétravail n’était pas possible, nous avons supprimé les open space et séparé les salariés dans les bureaux.

Comment se comportent les salariés de Sill Entreprises ?

Nous sommes fiers du comportement des équipes qui permettent à nos sites de production de fonctionner quotidiennement. Et pour ceux qui ont dû s’arrêter pour mesures parentales, ou parfois faiblesses respiratoires, nous sommes parvenus à trouver des solutions. Nous avons même des réservistes qui se sont déclarés mobilisables ! Nous l’avons tous vu récemment : il est important pour la nation que l’agroalimentaire continue à produire. Et si nous vivons une crise actuellement, j’y vois également une opportunité : nous pouvons rappeler à quel point le secteur agroalimentaire se situe au cœur de l’économie française et de la vie du pays. Nous avons des produits d’une qualité exceptionnelle, disposons d’une traçabilité précise. Retrouvons notre fierté !

Julien Perez
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