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La Sica de Saint-Pol-de-Léon relance son projet de plateforme

Les pelleteuses entrent à nouveau en action. Cinq ans après la suspension du permis de construire initial, le projet de plateforme de la SICA (Société d’initiatives et de coopérations agricoles) de Saint-Pol-de-Léon retrouve le site de Vilargren. Ici on est à la sortie de la commune, dans ce Nord-Finistère qui détient le ruban bleu hexagonal de la production légumière et horticole.

Les chiffres sont impressionnants : 1.100 producteurs qui commercialisent presque tous sous la marque Prince de Bretagne, 5.000 salariés au total et un chiffre d’affaires de 286 millions d’euros. La Sica est un des grands employeurs bretons mais aussi un champion de la balance commerciale française puisque 40% de sa production part à l’étranger. Mais la collecte, le conditionnement et l’expédition sont éparpillés dans plus d’une vingtaine de stations, ce qui nuit, argumentent les dirigeants, à l’économie globale de cette production mais aussi à la vitesse d’expédition de tous ces légumes frais, partant dans la France entière comme à l’étranger, dans un secteur hautement concurrentiel.

D’où ce projet de plateforme, à la mesure des 250.000 tonnes de légumes produites annuellement. Sur 17 hectares, le bâtiment est prévu sur une longueur d’environ 400 mètres et une hauteur de 16 mètres, proportion conforme aux ambitions placé dans ce centre de collecte, de conditionnement et d’expédition de produits frais. Projet surdimensionné ? Nullement, répond Jean-François Jacob, le président de la Sica en arguant qu’en Belgique, un concurrent a obtenu l’autorisation pour un centre équivalent mais sur 55 ha, non loin du port d’Anvers. Trois fois plus étendu qu’à Saint-Pol, dans un pays pourtant à forte densité démographique.

Non conforme aux documents d’urbanisme

La reprise du projet, c’est l’acte II d’un programme concocté de longue date mais stoppé en 2011. Fondé sur le même schéma, il a soulevé la contestation des riverains qui ont opposé plusieurs arguments autour de la validité du permis, la proximité d’un manoir ou encore la circulation des poids lourds. Des arguments contestés par la Sica qui considère notamment que cette plateforme va au contraire entraîner une baisse de 40% de la circulation de camions dans ce secteur puisqu’on passerait de 25 stations de traitement de légumes à 8 seulement pour l’ensemble de la SICA.

Le juge des référés du tribunal administratif de Rennes, il y a cinq ans, a décidé de suspendre le permis de construire pour non conformité aux documents d’urbanisme de la commune de Saint-Pol-de-Léon. La mairie, qui appuie ce projet, a donc repris la procédure en faisant réviser son plan local d’urbanisme en 2014 et en accordant un nouveau permis en novembre 2015, valant autorisation de construction. Les pelleteuses viennent donc d’entrer en action. Les opposants, eux aussi, ont annoncé qu’ils se remettent à l’ouvrage.

Pierre Vincent
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