Sécheresse en Bretagne. Merci le printemps pourri

Quel week-end ! Avec ces journées éclatantes de soleil sur la Bretagne, le calendrier a du mal à garder son sérieux en affichant la dernière décade d’octobre. On croit rêver. Les Bretons en profitent à plein, les professionnels du tourisme jouent des prolongations inattendues mais les légumiers s’inquiètent de l’incidence de cette météo sur le niveau des cours. Et du côté des pouvoirs publics, on garde un œil de plus en plus attentif sur les réserves d’eau, à l’heure où 62 départements français sont touchés par la sécheresse et contraints à des mesures de restrictions.

A ce jour, en Bretagne, seul le département des Côtes-d’Armor est en vigilance orange. Le niveau des nappes phréatiques ne permet pas beaucoup de fantaisie et des incitations à limiter certains lavages ont été lancées. Mais globalement, la situation est bien plus favorable que dans la plupart des régions françaises, avec des réserves d’eau rassurantes après pourtant plusieurs mois consécutifs de déficit. Depuis le début de l’été, la Bretagne traverse une période très ensoleillé et ce n’est pas le début d’automne qui a changé l’évolution des courbes. Il aurait même tendance à accentuer le déficit tant les mois de septembre et octobre ont été secs.

A quoi tient donc la bonne situation hydrologique de la Bretagne ? D’abord à un automne 2017 dont le ciel a été bien plus généreux qu’actuellement pour assurer le remplissage automnal des réserves d’eau. Mais le printemps 2018 a lui aussi été bien arrosé, en établissant même un record en mars où Brest a connu 25 jours de pluie sur 31 ! Deux fois plus qu’un mois de mars normal. Oui mais c’est Brest, direz-vous ? Eh non. Ce même mois, Rennes a été arrosé pendant 19 jours, ce qui est tout à fait rarissime pour la capitale bretonne où d’ordinaire les nuages venus de l’Ouest arrivent très allégés en abordant les rives de la Vilaine.

C’est ce printemps pourri qui vaut à la Bretagne de passer l’automne sans trop de soucis malgré ces mois d’ensoleillement, contrairement à l’année historique 1976 où le printemps avait été plus sec qu’un coup de trique. Du reste, la pluviométrie enregistrée cette année à Rennes, notamment en mars, vaut à l’Ille-et-Vilaine d’avoir des réserves d’eau supérieures à la moyenne alors qu’à l’autre bout de la Bretagne , elles sont inférieures à la moyenne dans le Finistère. Mais les responsables du BRGM, qui suivent en permanence l’évolution des nappes phréatiques sont formels : en Bretagne, la situation est moins préoccupante qu’en 2017. Et les pluies vont bien finir par arriver…

René Perez
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