Sale temps pour le Salon nautique

Il y a des météos à ne pas mettre un voilier sur l’eau. Et il y a des dates à ne pas mettre un salon à Paris. Manque de bol pour le salon nautique, il est tombé au moment où il ne fallait pas avec la capitale transformée en champ de bataille, chaque samedi couleur citron, et des gilets écrasant l’actualité de tout leur poids médiatique.

Le contexte était pourtant favorable avec des vents très porteurs pour l’industrie nautique annonçant une croissance de 8 % cette année, à 5,2 milliards malgré une géopolitique mondiale agitée. Or, 75 % de cette production française part à l’export et qu’il s’agisse de Brexit, de bras de fer sino-américain ou de tensions avec la Russie, le marché est sensible aux soubresauts mondiaux. Mais il est, malgré cela, d’une résistance peu commune dans l’éventail des secteurs d’activité français.

En revanche, pour la vitrine, c’est malheureusement loupé cette année. Les deux week-ends du salon, porte de Versailles, ont incontestablement souffert de l’ambiance très électrique régnant sur Paris. Or, 60 % des visiteurs du salon sont des provinciaux et les images télés n’étaient pas les meilleures ambassadrices d’une capitale donnant l’impression d’être en état de siège.

Mais c’est surtout la couverture de ce salon qui a fait défaut, du moins pour le grand public. Certes, les médias spécialisés étaient là et comme d’habitude, ils ont bien fait leur travail. Mais où voyait-on le salon nautique sur les chaînes de télé ou dans les journaux ? Le tsunami des gilets jaunes a presque tout emporté et on n’a pas retrouvé cette profusion d’émissions spéciales en direct du salon, ces pages spéciales dans les journaux, ces magnifiques photos de coques neuves brillants de tous leurs éclats qui rythment habituellement la semaine du salon. Le temps n’était pas au nautisme rutilant s’affichant sur papier glacé mais plutôt aux photos de cabanes improvisées sur des ronds points bloqués.

Mais le nautisme a traversé d’autres périodes de gros temps et il se remet toujours dans le sens de la marché. Dimanche, au moment de la fermeture du Nautic, les regards se tournaient déjà vers 2019 avec l’assurance qu’un salon ne fait ni le beau ni le mauvais temps et qu’il n’est qu’une vitrine d’un secteur d’activité représentant plus de 40.000 emplois en France.

René Perez
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