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Vallée des saints. Piran et Harry un peu Bretons sur les bords

Samedi, l’Angleterre sera en transes et deux milliards de terriens devant leur télé. Le mariage du prince Harry et de Meghan Markle est le grand événement mondain de l’année et une nouvelle preuve de la fascination qu’exercent les monarchies et singulièrement celle d’Angleterre, pratiquement gérée comme une firme. C’est d’ailleurs le qualificatif qui lui est parfois donnée.

Mais très accessoirement, ce mariage sera aussi un symbole de liens lointains entre les îles britanniques et l’Armorique éternelle. Car faut-il rappeler que le prince Harry a quelques quartiers de noblesse bretonne dans son sang royal ? Il descend de Louise de Kéroual, aristocrate née dans la campagne brestoise que Louis XIV envoya à la cour d’Angleterre où elle joua, dit-on, un petit rôle d’espionne au service du roi. Mais elle poussa si loin son personnage que, comme les espionnes dans James Bond, elle finit par faire étape dans le lit à baldaquins de Charles II. Et lui donner un enfant, que le roi finit par reconnaître, après quelques premières réticences. Il obtint le titre de Duc de Richmond, premier de cordée de la lignée de Lady Di et de ses enfants, dont Harry, le petit diable de la famille des Windsor.

Sculpté en Cornouailles anglaise

Et au moment même où l’on s’apprête à célébrer ce mariage, voilà que la Bretagne accueille, elle aussi, un événement britannico-breton. Il est certes moins médiatique que le mariage princier, mais très symbolique des relations ancestrales entre les deux côtés de la Manche.

Celui qui vient d’arriver en bateau s’appelle saint Piran. Saint patron de la Cornouailles anglaise, il fait partie des ces milliers de Cornouaillais, Irlandais et Gallois qui ont quitté les îles britanniques, entre le Ve et VIIe siècles pour venir s’établir en Armorique. Il faut dire qu’ils étaient poussés à la mer par les Angles et les Saxons, des tribus venues de Germanie et encore moins fréquentables qu’Attila et ses Huns.

Ces nombreux migrants britanniques sont arrivés en Armorique avec leur culture, leur langue, leurs religion et leurs saints. Et c’est à eux que la Bretagne doit de compter, dans son sanctuaire, un bon millier de saints érigés à ce rang par la vox populi mais sans onction de Rome. C’est pour honorer ce millier de saints qu’a été lancée, à Carnoët en Centre-Bretagne, la vallée des saints qui ambitionne de les regrouper tous, sous la forme de statues géantes, même s’il faut deux siècles pour y parvenir. Et le rythme est impressionnant. En dix ans, cent statues auront été érigées et un million de visiteurs ont déjà fréquenté ce lieu à l’accès gratuit.

Saint Piran est le centième de la série. Il a été symboliquement sculpté en Cornouailles anglaise pour refaire le même trajet que celui qu’il fit il y a quinze siècles et des bougies, lors de sa migration en Armorique. Arrivée à Paimpol, couchée sur un bateau traditionnel, sa statue va maintenant prendre le chemin de Carnoët en faisant la route buissonnière. Elle n’y parviendra qu’à la fin juillet pour prendre place à la Vallée des saints, après de nombreuses haltes en Bretagne où elle croisera même le Tour de France. D’ici là, Meghane et Harry devraient être revenus de leur voyage de noces.

Bretagne Bretons
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