Saint-Nazaire. La surprise italienne

Le groupe italien Fincantieri est le seul candidat à la reprise des chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire, filiale du groupe coréen STX actuellement en procédure de redressement judiciaire. Les juges coréens se prononceront le 3 janvier mais rien ne dit qu’ils accepteront l’offre italienne si elle n’atteint pas le seuil financier qu’ils espèrent. Dans ce cas, il faudrait procéder à un nouvel appel d’offres.

Ce scénario constitue une surprise car si Fincantieri, un concurrent du chantier français, construit aussi bien des paquebots que des bâtiments civils et militaires, ce n’est pas lui qu’on s’attendait à voir sortir du chapeau. Le favori était plutôt le groupe hollandais Damen, repreneur il y a quelques années du chantier Sobrena à Brest. Dans ce dossier, il avait le soutien des deux croisiéristes Royal Carribean Cruises et MSC Croisières, principaux clients de Saint-Nazaire où le plan de charge comprend pas moins de 14 paquebots à construire d’ici 2026. Mais Damen n’a pas déposé la moindre offre, selon les informations venues de Séoul.

Une participation de DCNS

Le Chinois Genking Hong-Kong n’a pas non plus fait offre de candidature et du côté français, personne ne s’en plaindra. C’était la perspective la plus redoutée car porteuse d’un gros risque de transfert de technologie. Car si les Chinois comme les Coréens savent construire des mastodontes des mers, ils maîtrisent nettement moins la technologie fine des bateaux de croisière. Or c’est actuellement le segment le plus porteur dans une construction navale mondiale en crise, à cause de la chute du commerce mondial.

Il ne reste donc plus que le groupe italien, sauf à penser qu’on est dans une partie de poker menteur et que les deux autres concurrents potentiels pronostiquent un deuxième appel d’offres qui entraînerait une baisse des prix. En France, le ministère de l’ Industrie suit tout cela de très près puisque le chantier de Saint-Nazaire est également susceptible de construire des navires militaires. Du reste, DCNS ne serait pas contre une prise de participation minoritaire aux côtés de celui qui décrochera le pompon.

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