Saint-Nazaire. Que la croisière s’amuse

Pour s’y retrouver, il va bientôt falloir une machine à calculer ! Car les paquebots tombent à Saint-Nazaire comme la mitraille à Gravelotte et on se demande si on a bien compris. Alors question : est-ce que ces trois paquebots font partie des intentions de commandes déjà annoncées en début d’année ? La réponse est non. Ce sont bien trois constructions supplémentaires qui s’offrent ainsi au chantier de Saint-Nazaire pour que la croisière s’amuse sur presque tous les océans du monde.

Alors ça nous fait combien ? En ce début d’année, le groupe helvéto-suisse MSC Croisières en avait commandé quatre pour un méga-contrat de 4 milliards d’euros. Cette fois, c’est la compagnie américaine Royal Carribean Cruises qui en prend trois pour 2,5 milliards à livrer entre 2021 et 2023. Ce qui fait treize avec les six autres déjà dans les tuyaux. Treize paquebots pour les dix ans à venir : Saint-Nazaire ne va pas manquer de travail. Royal Carribean a, parait-il, été très favorablement impressionnée par la livraison du dernier-né, le gigantesque Harmony of the Seas, avec quinze jours d’avance sur le planning. Il est vrai que la CGT n’a pas bloqué le chantier pour protester contre les conditions de travail sur les paquebots américains.

Manque de place ?

Autant de marques de confiance dans l’industrie tricolore, on ne voit pas ça tous les jours. Mais la médaille a son revers car le site des chantiers n’est pas extensible. L e calendrier était déjà à bloc jusqu’en 2020 et bien plein jusqu’en 2026. Il va donc falloir faire quelques contorsions pour introduire ces trois paquebots supplémentaires. La direction estime qu’il faudra peut-être faire appel à d’autres chantiers européens pour construire certains blocs, s’il n’est pas possible de les produire tous sur place. A condition bien sûr que la CGT ne bloque pas le chantier pour protester contre les conditions de cette sous-traitance européenne.

Quant à l’emploi, il va falloir lui aussi le mettre à niveau. Pour faire face à la charge, la direction évalue à 500 le nombre d’emplois supplémentaires à créer entre le chantier et ses sous-traitants, y compris pour renforcer les bureaux d’études et de recherche. Avec treize paquebots à construire, Saint-Nazaire va conforter son savoir-faire et se positionner clairement sur le podium des constructeurs mondiaux de ce type de bateaux, notamment à destination des USA où les croisières sont en plein boum. Les lancements devraient donc se succéder à un rythme soutenu.  Sauf bien sûr si la CGT décide de bloquer le chantier pour protester contre le nouvel impérialisme croisiériste des Américains à l’encontre de  Cuba.

Bretagne Bretons
Laisser un commentaire

Votre adresse email sera publiée. Les champs obligatoire sont marqués par un *

viderValider