Saint-Nazaire. Les armateurs reviennent à la charge

Va-t-on vers une nouvelle solution pour les Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire ? Après d’âpres négociations, un protocole d’accord a déjà été signé entre l’État français et la société italienne Fincantieri qui ambitionne de reprendre les chantiers STX. Mais comme ce groupe a lui-même des activités concurrentes de celle de Saint-Nazaire, cette perspective est vue depuis le début avec réticence de la part de toutes les parties françaises, de l’État actionnaire aux salariés de l’entreprise. Faute d’autre proposition, ce protocole a donc été signé mais en laissant le soin au nouveau gouvernement qui sortira des urnes de formaliser définitivement ce transfert.

Une autre hypothèse avait pourtant été évoquée, avec entrée dans le tour de table des armateurs qui assurent le plan de charge du chantier nazairien. On croyait cependant cette hypothèse définitivement enterrée mais selon le site Mer et Marine, elle revient en force à quelques jours des élections. Les deux armateurs principaux, Royal Carribean Cruises Ldt (RCCL) et Mediterranean Shipping Company (MSC) seraient prêts à entrer à hauteur de 20 % chacun dans le capital de la société, après préemption par l’État des actions détenues par STX, actuel actionnaire majoritaire. L’État conserverait les 33 % qu’il possède actuellement et DCNS entrerait au capital, comme c’est déjà prévu dans le protocole d’accord avec Fincantieri. Le tour de table irait même jusqu’à l’entrée du personnel dans l’actionnariat de la nouvelle société.

En agissant ainsi, les deux armateurs qui assurent le plan de charge du chantier pour les dix prochaines années (10 bateaux et 12 milliards d’euros d’investissement) ne font pas probablement pas mystère de leur crainte de voir la solution italienne se traduire par du captage de savoir-faire et l’absence de garanties totales pour la réalisation de leurs navires. Toutes les parties françaises regardent cette solution avec l’intérêt que l’on devine alors que les Italiens, de leur côté, auraient voulu que tout soit finalisé avant le scrutin de dimanche prochain. Sans doute parce qu’ils n’ignoraient pas qu’une proposition-surprise pouvait encore sortir du chapeau.

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