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Saint-Brieuc cherche des « nez » pour ses odeurs de port

On a connu le temps des avions renifleurs. Voici celui des « nez  contrôleurs », chargés de débusquer les vilaines odeurs dans le port du Légué.

Le phénomène n’est pas nouveau. Chaque année au printemps et à l’été, dès que le thermomètre remonte et que les premiers rayons du soleil baignent la vasière, une odeur très désagréable s’installe au dessus du port de Saint-Brieuc. L’an passé plus que d’habitude, en mai et juin , les désagréments avaient été tels que la préfecture avait demandé que des mesures soient effectuées pour caractériser ces nuisances olfactives et en déterminer l’origine.

Air Breizh a été sollicité par l’agence régionale de santé pour répondre à la demande. Les relevés effectués par les techniciens de l’agence, sur plusieurs endroits du port ont mis en évidence la présence d’hydrogène sulfuré. C’est ce gaz qui fait flotter l’odeur d’oeufs pourris dont se plaignaient les riverains. Il provient (on le savait déjà) de la décomposition des algues vertes venant se déposer dans l’estuaire. Toutefois les mesures ont établi que les émanations «  restaient dans des seuils sanitaires ne présentant pas de danger ».

Cherche volontaires

Dans son rapport Air Breizh, met aussi en avant pour expliquer ces pics de mauvaises odeurs, des « conjonctions ponctuelles », comme les horaires et coefficients de marées, la température, la direction et la force du vent… des éléments qui n’ont été analysés que sur une période assez courte. Aussi l’organisme propose de mettre en place un «  dispositif de mesure en continu ». Pour cela, il est envisagé de faire appel…à « des nez » de volontaires. Des personnes disponibles pour assurer des mesures quotidiennes sur l’ensemble d’une saison.

Chez Air Breizh, on assure qu’il s’agirait là «  d’une première en Bretagne ». L’expérience a été tentée dans d’autres régions, à Rouen par exemple, où encore à Donges en Loire-Atlantique. Ces contrôleurs ne partiraient pas le nez en l’air et l’air de rien. Pour acquérir le flair indispensable à l’affaire, il est prévu une quinzaine de séances de formation permettant à ces « nez » de bien différencier l’odeur du souffre, du phénol,ou de l’ammoniac. ..

On attend les volontaires, ( bénévoles, car l’argent n’a pas d’odeur), il en faudra une vingtaine résidant dans le quartier du port. Une dernière condition, pour être contrôleur et avoir le nez fin, il faudra promettre d’arrêter de fumer. Ce sera déjà ça de gagné !

Patrick le Nen
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