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Saint-Brieuc. Un aéroport qui n’a jamais décollé !

Le rapport que vient de publier la Chambre Régionale des Comptes, dresse un constat très médiocre sur la situation de l’aéroport de Saint-Brieuc-Armor. Il est particulièrement critique à l’égard de ses gestionnaires ( le département, l’agglomération briochine, le Chambre de Commerce des Côtes d’Armor) qui par le biais de leurs subventions maintiennent en vie l’équipement. La juridiction administrative rappelle qu’entre 2012 et 2015, le « déficit cumulé s’élève à 2,3 millions d’euros ». Elle note aussi que l’actuel chiffre d’affaire de l’équipement « ne permet de couvrir que la moitié de ses dépenses de fonctionnement ». Sa fermeture n’est cependant pas d’actualité. Car si l’arrivée la Ligne à Grande Vitesse, écarte définitivement l’idée d un possible marché des vols commerciaux, il existe pourtant quelques espoirs .

Objectif initial : 200.000 passagers…

Souhaité par Charles Josselin, président du conseil général des Côtes du Nord, et inauguré par lui en 1985, pendant son bref passage au secrétariat d’Etat aux Transports, l’aéroport de Saint-Brieuc-Armor n’a jamais vraiment décollé ! Plus de 110 millions de francs ( 17 millions d’euros d’aujourd’hui ) avaient été investis dans l’équipement, pour remplacer l’ancien aérodrome qui n’était plus opérationnel. A l’époque, on avait estimé la dépense justifiée et l’on avait même parié sur un trafic annuel de…200.000 passagers ! Un chiffre jamais atteint par la seule ligne régulière vers Orly, à l’origine assurée par les Fockers à hélices de la TAT ,puis de plus petits avions de compagnies régionales, puisqu’au meilleur de sa forme, c’était en 1987, on a enregistré aux comptoirs de Saint-Brieuc-Armor…31.000 passagers.

L’électrification de la ligne SNCF entre Saint-Brieuc et Paris, et l’arrivée du TGV en 1989, n’a pas arrangé les choses et au fil des ans la courbe de fréquentation n’a pas cessé de baisser, au point qu’en 2001 la liaison commerciale avec Paris a été définitivement fermée. Elle n’avait pratiquement jamais dépassé la barre des 20.000 passagers.

Deuxième plus longue piste

de Bretagne

S’ils savent que le trafic passager n’a plus aucun avenir, les défenseurs de l’ équipement, dont fait partie Gérard Blégean, élu UDI de Saint-Brieuc, président du syndicat mixte de l’aéroport refusent de croire à une fermeture que beaucoup prédisent. « C’est, dit-il, la deuxième plus grande piste de Bretagne ( 2.200 métres) et de fait, elle offre des possibilités de secours aux plus gros avions civils ou militaires ». Elle devrait aussi avoir une utilité pour certains transports du futur grand chantier éolien en baie de Saint-Brieuc. L’arrivée , voici un an, de l’entreprise Airman, une filiale de la compagnie aérienne Regourd-Aviation ( une vingtaine d’emplois spécialisés dans la maintenance des avions ) offre également une petite embellie. Un projet de piste automobile aussi resurgit de temps à autre. Mais pour l’instant c’est le football qui procure l’activité la plus régulière. C’est de là que s’envolent régulièrement les joueurs d’En Avant Guingamp et qu’atterrissent les clubs visiteurs !

Patrick le Nen
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