Route du Rhum. Maxi-flottille pour les 40 bougies

Dimanche prochain, pour les 40 ans de la Route du Rhum, il faudra vraiment jouer des coudes sur la ligne de départ. Ces quarantièmes rugissants vont faire bouillonner les eaux de Saint-Malo comme jamais puisqu’on annonce 123 concurrents sur la ligne de départ, record largement battu, mais aussi une noria de bateaux accompagnateurs. Parmi lesquels il va falloir compter pas moins d’une centaine de navires à passagers et une armada d’embarcations de plaisanciers qui donnent au départ du Rhum ces images d’invraisemblable cohue marine où un dauphin ne retrouverait pas ses petits. Ca va droper de tous les côtés et les bateaux de sécurité vont encore connaître des sueurs froides dans cet invraisemblable bouillon de 14 heures.

Avec 123 participants, l’épreuve établit un nouveau record mais n’a pas encore tout à fait décroché le pompon de la plus forte participation pour une épreuve transatlantique. Selon les statisticiens, c’est la Transat anglaise de1976 qui détient toujours le record (126 participants) mais le départ de cette course, qui ne comptait bien sûr que des monocoques, n’eut rien à voir avec le spectacle parfois hallucinant des embouteillages du Rhum.

Les organisateurs ont dû élargir la ligne de départ de 3 miles et sectoriser le plan d’eau pour séparer les accompagnateurs plaisanciers et tous les bateaux à passagers qui, à eux seuls, constituent une flotte impressionnante. De toute évidence, les prochaines éditions ne pourront pas absorber une nouvelle croissance du trafic sur le plan d’eau, d’autant qu’il faut aussi penser à l’atterrissage en Guadeloupe où les conditions d’accueil ne permettraient pas une arrivée simultanée de toute cette flotte. Heureusement, la course est ouverte à six catégories de bateaux qui ne déboulent pas tous à la même vitesse. Certains bouclent la course quand d’autres sont encore dans le Golfe de Gascogne ! Ça c’est de la flexibilité.

Et attendant, la tension va monter sur les quais de Saint-Malo, pris d’assaut durant tout ce week-end par une foule considérable. Bien loin de la première édition de 1978, nettement plus confidentielle et endeuillée par la disparition d’Alain Colas. Le véritable envol de cette transat, ce fut quatre ans plus tard, en 1982, où s’alignèrent au départ Tabarly, Pajot, Peyron, Birch, Loizeau, Kersauson, Fauconnier, Poupon, Malinovsky, Knox-Johnston, Riguidel, Artaud, Fauconnier, Gilard, Terlain, Morvan… L’entrée dans l’âge d’or de la voile française.

René Perez
Laisser un commentaire

Votre adresse email sera publiée. Les champs obligatoire sont marqués par un *

viderValider